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Comportement fortement critiqué parce qu’il nuit à l’estime de soi, se comparer aux autres est pourtant un phénomène naturel.  Dès notre plus jeune âge, nous adoptons ce comportement pour construire notre personnalité. Nous imitons les comportements de ceux que nous estimons être des modèles et nous nous évaluons les uns les autres.

La comparaison aux autres n’est donc en soi qu’un processus mental nécessaire à notre identité. C’est surtout l’interprétation que l’on décide de donner à ce que nous venons de comparer qui produit des effets différents.

En 1954, le sociologue américain Léon Festinger élabore la théorie de la comparaison sociale. Il identifie trois types de comparaisons :

  • La comparaison ascendante: nous nous comparons à une personne que nous jugeons supérieure à nous-mêmes ;
  • La comparaison descendante: nous nous comparons à une personne que nous jugeons inférieure à nous-mêmes ;
  • Et enfin la comparaison latérale: nous nous comparons à une personne que nous jugeons être notre égale.

 

Prenons l’exemple d’une comparaison ascendante.

« Elle a eu le courage de quitter son job et a trouvé le métier qui lui correspond. Elle est aujourd’hui sage-femme et elle est accomplie dans son travail ».

Deux interprétations sont possibles.

 

L’interprétation positive

Dans la première, je vais ressentir de l’admiration pour cette femme. Son exemple me montre qu’il est possible de trouver un job qui m’épanouit. Je n’ai pas encore trouvé ce que je veux faire, mais je décide de m’y consacrer dès maintenant.

Dans ce cas, la comparaison a un effet positif sur soi-même. Comparer ma situation à celle de cette femme me donne l’élan pour passer à l’action.

 

L’interprétation négative

Dans la seconde, je vais ressentir de la jalousie, de la tristesse, de l’envie. Je vais penser que je suis nulle et qu’il m’est impossible d’atteindre cet objectif. Je vais m’apitoyer sur mon sort, me complaire dans cette vie qui me rend malheureuse.

Dans ce cas-là, la comparaison a un effet négatif sur l’estime de soi. Comparer ma situation à celle de cette femme me paralyse et nourrit la croyance qu’avoir un job épanouissant ne m’arrivera jamais.

 

À travers cet exemple, on comprend une chose essentielle : il n’appartient qu’à nous-mêmes de modifier notre perception de la situation à laquelle nous nous comparons.

La reconversion professionnelle est un phénomène fortement romancé par les médias. Sur les réseaux sociaux, on trouve de nombreux portraits de jeunes trentenaires cadres parisiens qui ont décidé de quitter le confort que leur offraient leurs jobs pour revenir à un métier et une vie qui ont plus de sens.

Avec ces témoignages, les médias mettent l’accent sur le résultat, à savoir qu’eux, ils ont réussi à résoudre leurs problèmes et à atteindre leurs buts. Si l’on adopte un schéma de pensées négatif, ces portraits ont de quoi nous décourager !

Or, ces personnes-là ont aussi eu leurs lots de peurs, de blocages et d’échecs. Personne n’est un surhomme ou une surfemme. Voilà pourquoi, il est indispensable d’adopter une attitude neutre et positive quand on se compare aux autres.

Pour y arriver, voici quelques pistes.

1/ Miser sur sa différence

Il n’y a pas une manière d’atteindre son objectif, mais il y en a autant qu’il y a d’individus. Lorsque nous admirons une personne parce qu’elle a réussi à être là où nous aimerions être, la première question qui nous vient à l’esprit est « comment a-t-elle fait pour y arriver ? ».

En somme, quelle est sa méthode ? Nous cherchons à dupliquer sa méthode sans nous demander si cette dernière marchera aussi pour nous.

En effet, nous ne devons pas oublier que ce qui marche pour l’autre ne va pas forcément marcher pour soi-même. Nous sommes des êtres singuliers avec nos particularités, nos forces, nos blocages et nos limites.

À titre d’exemple, une femme a réussi à faire décoller son business de vente de bijoux en misant sur une stratégie de contenu écrit. On pourrait alors se dire que c’est ce qu’il faut faire pour y arriver. Or, peut-être que l’écriture est un de ses points forts. Elle est à l’aise pour écrire. L’écriture est un canal de communication qui correspond aussi à sa personnalité discrète.

À la différence, tu es peut-être dans ton élément dans la prospection physique. Tu as la bougeotte, tu as besoin de voir du monde, de parler, de séduire, de convaincre en face à face. Tu aimes aller à la rencontre des enseignes, négocier des partenariats.

La vraie question est donc : qu’est-ce qui me différencie de l’autre ? Quelles sont mes forces que je dois mobiliser pour atteindre le même résultat ?

2/ Chacun avance à son rythme

L’une des plus grandes difficultés que nous rencontrons aujourd’hui est la patience. Nous vivons une époque de l’instantané. Au quotidien, il nous suffit de prendre notre smartphone et en un clic nous avons un Uber, un plateau de sushis ou le dernier film en streaming.

Nous ne sommes plus habitués à être patients. Quand ça ne va plus dans nos vies professionnelles et que nous sommes déterminés à changer de métier, on est pressés. Ça ne va jamais assez vite et parfois nous sommes découragés.

On voudrait bien en un claquement de doigts être à la place de cette femme qui s’éclate dans son job ! Or, c’est impossible.

Pour ne pas tomber dans le piège et abandonner trop vite, il faut être conscient que chacun d’entre nous a des blocages, des contraintes personnelles à gérer : des problèmes de santé, une séparation douloureuse, un parent à s’occuper, un déménagement à faire.

Sans compter les freins psychologiques. Certaines personnes mettront plus de temps à faire sauter certains verrous, à dépasser certaines peurs. Aussi, soyons conscients que nous n’avons pas les mêmes avantages que ce soit en termes de soutien affectif ou d’argent.

Laissons le temps au temps !

3/ Se comparer à soi-même

Notre société nous pousse sans cesse à la compétition. À l’école, le système de notation et de classement en est un bon exemple.

Au dernier contrôle de maths, j’ai eu 11/20. La moyenne de la classe est de 13/20. En me comparant à une moyenne, je vais penser que j’ai encore beaucoup d’efforts à fournir pour être dans la moyenne la plus haute. Il y a des chances que ça me décourage.

Or, si je prends comme point de comparaison mes deux dernières notes aux contrôles de maths, je vois que j’ai progressé. Je suis passée de 7 à 11/20. Je serais alors contente et motivée pour avancer.

Dans un processus de reconversion, c’est la même chose. Ne te compare pas à ta collègue de boulot qui en moins de deux ans a quitté son job, suivi une formation et exerce aujourd’hui le métier de ses rêves.

La seule personne à laquelle tu dois te comparer c’est toi-même. Regarde la personne que tu étais hier et celle que tu es aujourd’hui. Constate ton avancée même si c’est un petit pas !

 

4/ Ne pas oublier qu’avant de réussir, les autres étaient à ta place

N’oublions pas que l’on nous montre que ce que l’on veut bien nous montrer. Prenons l’exemple des réseaux sociaux. Sur Instagram, tout le monde rend photogénique sa vie (voyages, corps sculpté, partages des moindres moments de bonheur de leur vie). Mais tout ça n’est qu’artifices. Quand on entre dans l’intimité, la réalité est bien souvent différente.

Ainsi, c’est bien beau de saliver devant la vie rêvée de ceux qui se sont reconvertis et qui roucoulent des jours heureux dans leurs nouveaux jobs. Mais avant d’en arriver là, il ne faut pas oublier qu’eux aussi ont galéré !

Eux aussi ont traîné des pieds pour aller au travail et ont eu le moral à zéro pendant plusieurs mois. Eux aussi ont vu leurs estimes d’eux-mêmes faire une chute libre. Et surtout, eux aussi ont regardé avec des yeux envieux ceux qui ont eu le courage de changer de vie.

 

5/ La technique des petits pas

En pensant au but que tu souhaites atteindre, tu peux avoir le tournis en imaginant tout le chemin que tu vas devoir parcourir pour y arriver. C’est normal, on ne parle pas d’un petit changement.

Notre cerveau est fainéant. Ce qu’il recherche avant tout, c’est le plaisir instantané. S’il pense aux efforts qu’il va devoir fournir, il va tout faire pour te dissuader.

Alors, il va falloir tromper ton cerveau. La technique des petits pas est un excellent moyen pour y arriver. Il suffit de découper ton but en sous-objectifs. Puis, de définir les actions à réaliser pour chaque sous-objectif.

Il ne te reste maintenant plus qu’à t’engager sur la première action !

En conclusion

Se comparer aux autres est naturel et inévitable. La comparaison participe à la construction de sa personnalité, permet de s’évaluer, de s’émanciper. Elle influence l’estime de soi, bien souvent dans le mauvais sens parce que nous interprétons de manière négative la situation en nous focalisant sur ce qu’il nous manque.

Il est toutefois possible de modifier ceci et tirer profit de la comparaison aux autres en mettant en pratique les 5 conseils que je viens de détailler !

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