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Ça y’est c’est décidé, tu quittes ton job en CDI ! Fini de se lever le matin et d’aller au travail en trainant des pieds. Tu es maintenant bien déterminée à ne plus perdre un jour de plus. Tu as décidé de prendre ta vie en main et tu as bien raison ! La vie est trop courte pour rester dans un job qui ne te rend pas heureuse.

Peut-être que tu as même déjà trouvé ce que tu aimerais faire une fois que tu auras quitté ton job : un road trip en amoureux, te reconvertir dans un autre métier, lancer ton activité en freelance….

Tout est clair dans ton esprit. Tu arrives maintenant à la dernière étape : obtenir une rupture conventionnelle qui pour toi est la seule option envisageable sur le plan financier !

Si ton employeur te l’accorde, tu pourras toucher une indemnité de rupture conventionnelle et surtout avoir droit aux allocations chômage pendant deux ans ! L’indispensable pour faire le bilan et vivre cette transition professionnelle sereinement et sans avoir à t’inquiéter pour ta situation financière.

Toutefois, il y a un petit bémol : ton employeur doit être d’accord. Et jusqu’à maintenant, tu ne connais personne qui a réussi à négocier une rupture conventionnelle. Chaque demande a été rejetée par la direction. Mais, tu ne t’avoues pas vaincue et tu as raison ! Ce n’est pas parce que la rupture conventionnelle n’a jamais été acceptée que les choses ne changeront pas.

Pour arriver à convaincre ton employeur, tu dois agir de manière méthodique et stratégique. Tu dois anticiper ses arguments, ses craintes pour apporter une réponse jusqu’au moment où ton employeur n’aura plus d’autres choix que de l’accepter. En bref, demander une rupture conventionnelle, ça se prépare.

Ça tombe bien puisque c’est exactement ce que je te propose de voir dans cet article ! Je te donne tous mes astuces et conseils de juriste pour t’y préparer.

1/ Anticiper la meilleure période pour partir

Je sais que passer un jour de plus dans ton job demande de prendre sur soi. Mais ce n’est pas le moment de craquer ! La procédure de rupture conventionnelle peut aller très vite. En un mois et demi, deux mois, tu peux sortir des effectifs et te concentrer sur ta nouvelle vie professionnelle. Ce délai est le minimum. La date officielle de rupture du contrat de travail peut être fixée plus tardivement, dans la mesure où ce n’est pas dans un délai déraisonnablement long.

Anticiper la meilleure période pour partir de ton entreprise, c’est prendre en compte ta situation personnelle, familiale et professionnelle.

Est-ce que tu as d’autres priorités dans ta vie personnelle ? Par rapport au boulot de ton conjoint, est-ce plus raisonnable de quitter ton job en fin d’année ? Est-ce que tu es contrainte par les dates de début de la formation que tu aimerais suivre ?

Il faut que tu prennes le temps d’analyser le contexte personnel et familial pour identifier la période la plus propice pour quitter ton job.

Une fois que c’est fait, tu n’as pas encore terminé. Tu dois maintenant identifier la période la moins « contraignante » pour ton entreprise. Par exemple, si tu est comptable et que tu demandes à ton employeur de partir au mois de janvier, tu lui tends le bâton pour te faire battre ! Mais je suis certaine que ta conscience professionnelle te fera réfléchir à la meilleure période qu’il soit 😉

2/ Fixer un calendrier préalable

Tu sais maintenant qu’il te faut compter en moyenne un mois et demi à deux mois pour que la procédure de rupture conventionnelle soit terminée. En effet, une fois que ta demande est validée par l’entreprise et que l’on t’a expliqué les conditions de la procédure, informée du montant que tu toucheras, tu signeras alors les exemplaires cerfa de la rupture conventionnelle. Après la signature, l’employeur enverra un exemplaire à l’inspection du travail pour homologation.

L’inspecteur du travail à 15 jours ouvrés pour homologuer la rupture conventionnelle. À noter que pour les salariés protégés (voir la liste), la procédure est différente et plus longue !

Une fois que tu as identifié la meilleure période pour quitter ton job, tu dois réfléchir à la date idéale à laquelle tu aimerais partir. Sur quel mois ? Sur quelle semaine ?

Compte quelques jours ou semaines en plus entre le jour où tu sollicites ta demande de rupture conventionnelle et le jour où ton entreprise valide et lance la procédure. Ce qui ramène la durée totale à environ trois mois entre le jour où tu fais ta demande et le jour où tu quitteras définitivement ton job.

En plus de la date idéale à laquelle tu aimerais partir, je t’invite à avoir une autre date en plan B. Cela montre que tu es ouverte et que tu es prête à t’adapter aux contraintes de l’entreprise. De cette façon, ton employeur verra que tu es dans une démarche de négociation coopérative, c’est-à-dire que tu cherches à satisfaire les intérêts des deux parties en trouvant un terrain d’entente.

3/ Argumenter ta demande de rupture conventionnelle

C’est sur ton argumentation que tout va reposer ! Ne te dis pas que c’est perdu d’avance. Au contraire, adopte un état d’esprit optimiste. Un ami était commercial dans le secteur du BTP. La politique de son entreprise était très stricte : elle refusait les ruptures conventionnelles. Et pourtant, il a réussi à en obtenir une à sa deuxième demande parce qu’il était bien préparé.

En plus de justifier ta demande de rupture conventionnelle, préparer ton argumentation va te permettre de ne pas être submergée par les émotions le jour J. Tu garderas ton sang-froid.

Pour avoir une argumentation en béton à présenter à ton entreprise, voici les points que tu dois préparer :

  • Chiffre le montant de l’indemnité de rupture conventionnelle et compare-la avec le coût moyen que tu représentes à l’entreprise (Brut total et charges employeurs compriss) au trimestre ou à l’année. Évidemment, plus ton ancienneté est faible, plus le montant de l’indemnité sera faible ;
  • Si tu es en arrêts de travail répétés ou souvent absente. Argumente en expliquant que ta charge de travail se répercute sur tes collègues. Si c’est le cas, insiste sur le fait que l’entreprise est obligée de recruter un remplaçant, ce qui veut dire deux fois plus de charges à payer.
  • Sers-toi de ton dernier entretien annuel et de ton entretien professionnel. Rappelle à ton employeur que tu as déjà sollicité une évolution/formation qui ne t’a jamais été accordée par exemple ;
  • Parle de ta baisse de motivation. Je n’arrive pas à atteindre les objectifs, je n’ai plus d’envie, je ne suis plus productive. Cela montrera à ton employeur qu’il n’a aucun intérêt à garder une salariée qui n’a plus d’énergie et qui n’est plus motivée.
  • Présente ton projet de reconversion. Je souhaite monter mon entreprise, explique en quoi ce projet te tient à cœur. Avant d’être directeur, chef d’entreprise, tu as avant tout en face de toi un être humain qui a aussi des rêves et des ambitions !
  • Rappelle tes réussites et tes éventuels sacrifices pour l’entreprise ;
  • Évoque le fait que tu es souple quant à la date de ton départ tout en indiquant une dead-line. Le but étant de montrer que tu veux que cela se passe dans de bonnes conditions pour tout le monde, pour que l’entreprise ait le temps de se retourner et de réfléchir à une nouvelle organisation.
  • Propose de participer au recrutement de ton remplaçant et/ou de le former à ton poste.
  • Écoute les arguments de ton employeur. Tu dois être préparée au fait que tout ne se passera pas comme tu le souhaites. Peut-être que ta demande tombe vraiment mal, mais que ton employeur te propose de réitérer ta demande dans trois mois. Il sera alors disposé à y répondre favorablement.

 

En conclusion

La rupture conventionnelle n’a plus de secret pour toi ! Te voilà maintenant armée pour préparer ta demande. Si tu prends bien en compte les points énumérés, tu as toutes les chances pour qu’elle soit acceptée par ton employeur !

Si malgré cela, ton employeur reste catégorique et refuse ta demande, il te reste d’autres solutions ! Pour les connaitre, télécharge mon guide gratuit 2 solutions pour bien préparer ton départ de l’entreprise sans risque financier !

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