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Dans chaque prise de décision, il y a une part de risque. Plus la décision est importante, plus la prise de risque est élevée. La mesure du risque pris s’évalue par rapport au ratio gain/perte.

Est-ce qu’en décidant d’agir, je risque gros ? Est-ce que le gain ou le résultat espéré en vaut la peine ?

Toutes les reconversions professionnelles n’ont pas les mêmes conséquences. Certaines entraîneront qu’un petit changement sans grande conséquence tandis que d’autres auront de lourds enjeux financiers, émotionnels, personnels ou en temps.

Chaque reconversion est particulière. Comme chaque individu est singulier.

Cependant, pour atteindre l’objectif que l’on se fixe (qu’il soit petit ou grand), il faut agir de manière stratégique. Ainsi, au moment de penser à la construction de ta stratégie, tu dois prendre en considération le paramètre de renonciation.

Ta première réaction sera sans doute la surprise. « Renoncer ?! Si je renonce, ça veut dire que j’ai échoué. Que je me suis trompée de voie ».

Eh bien non.

Renoncer ne veut pas forcément dire échouer. Renoncer peut au contraire être une excellente décision pour parvenir au but souhaité. C’est agir intelligemment pour ne pas investir toute son énergie bêtement. C’est savoir prendre de la hauteur sur sa méthode et la modifier si nécessaire.

Même lorsque le renoncement implique de devoir avorter ou abandonner de son projet, ce n’est pas une si mauvaise chose. Dès lors que le renoncement se fait de manière intelligente, c’est au contraire une bonne décision.

Mais comment savoir quand il est nécessaire de renoncer ? Comment savoir renoncer intelligemment ? Et à quoi ?

Pour répondre à ces questions, je te propose d’aborder 3 situations. Chacune de ces situations représente un renoncement intelligent. Pour construire cet article, je me suis inspirée du livre LE DIP de Seth Godin.

Situation 1 : Quand les efforts fournis sont plus importants que les résultats attendus

Visualiser l’atteinte de son objectif

Dans un processus d’accompagnement, la cliente trouve son projet de reconversion à partir d’un travail d’introspection et de mises en action. L’une des étapes importantes est de mettre le doigt sur les blocages internes comme les croyances et les peurs et les apprivoiser pour que la cliente puisse se mettre en mouvement.

Lorsque celle-ci sait dans quelle voie se reconvertir et qu’elle définit son projet professionnel, vient le moment de visualiser son objectif. Comme font les sportifs de haut niveau avant chaque épreuve. Ils se projettent et visualisent dans les moindres détails la victoire.

Cet exercice à un double intérêt dans une démarche de reconversion.

Le premier est d’abord de s’observer soi-même dans cette nouvelle vie. Comment est-ce que l’on se sent ? Qu’est-ce que l’on pense ? In fine, l’observation permet de s’assurer que l’objectif soit vraiment motivant et satisfaisant !

Le second intérêt est de multiplier par 7 les chances d’atteindre son objectif. Le cerveau ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire. Dès lors, en visualisant dans le détail l’objectif, tu as plus de chances de l’atteindre.

 

Définir une méthode et les efforts à fournir

En parallèle de cet exercice, tu dois réfléchir et construire une méthode avec des actions concrètes à réaliser pour atteindre ton objectif. Sur ton chemin, tu vas rencontrer des obstacles : des difficultés d’apprentissage, un investissement financier, choisir un canal de vente…

À ce stade-là, il faut mesurer les efforts que tu vas devoir fournir. Est-ce que ces efforts sont trop importants par rapport aux résultats que tu auras en atteignant ton objectif ?  Ces efforts en valent-ils vraiment le coup ?

Seule toi sais quelle est la meilleure réponse. Prenons mon exemple pour illustrer.

Mon objectif est le suivant : vivre de mon activité de coach en reconversion professionnelle avec un chiffre d’affaires de 3000€ par mois. Je veux atteindre ce niveau de vie sans avoir à travailler plus de 30 heures par semaine, de manière à pouvoir me consacrer à d’autres activités personnelles.

Ma méthode est donc de mettre en place une stratégie marketing de contenu : écrire des articles pour me faire connaitre et développer ma clientèle.

Pour arriver à atteindre mon objectif, je passe par des difficultés que j’ai anticipées : sacrifice financier, beaucoup de temps à travailler pour construire ma présence en ligne et me faire connaitre, me former continuellement à de nouvelles techniques de coaching, faire une veille continuelle, lire. Je dépense beaucoup d’énergie.

Ce n’est pas toujours facile. Mais je veux faire ces efforts parce que j’ai fixé mes limites et surtout parce que si j’atteins mon objectif, les résultats sur le long terme seront incroyables pour moi ! J’aurais une vie en accord avec mes valeurs de liberté, de créativité.

Situation 2 : Quand les besoins essentiels ne sont pas satisfaits

La passion ne suffit pas toujours

Clara est passionnée par l’écologie et les fonds marins. La pollution des océans est une problématique qui l’anime. Pendant son temps libre, elle passe des heures à se renseigner sur le sujet.

Sur les réseaux sociaux, elle suit les aventures de professionnels de différentes associations qui œuvrent pour la préservation des océans et elle dévore tout un tas de revues scientifiques. Ce que ces gens font a du sens pour Clara.

En jeune femme passionnée, elle se dit que c’est sa voie. Elle en est persuadée, elle veut aller sur le terrain. Faire des prélèvements sur place, les analyser, etc.

 

Faire un choix entre ses besoins

À première vue, Clara a trouvé le projet qui la rendra heureuse. Mais pour en être sûre, il est indispensable que Clara fasse l’inventaire de ses besoins essentiels.

En clair, de quoi a-t-elle besoin dans sa vie pour se sentir heureuse et accomplie ? A-t-elle besoin de sécurité financière ? De reconnaissance ? D’un foyer avec une maison et un jardin ?

Si c’est le cas, le métier sur lequel elle se porte risque de ne pas combler ses besoins ! Or, lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits, ils vont chercher à se satisfaire d’une façon pas toujours agréable : émotions négatives, comportements agressifs.

Tout n’est pas toujours simple. Il peut arriver que certains besoins entrent en contradiction.

Pour Clara, cela peut être par exemple son besoin de faire quelque chose qui a du sens avec son besoin d’avoir une vie de famille stable. Faire un job où elle est régulièrement en déplacement, sur un bateau par exemple satisfait à son besoin de sens, mais pas à celui d’une vie de famille stable.

Clara devra donc faire un choix.

Pour qu’un métier t’apporte de la joie, il doit donc être en accord avec tes besoins essentiels. Si ce n’est pas le cas, tu vas devoir soit revoir un détail de ton projet, soit y renoncer pour quelque chose d’autre !

Situation 3 : Quand la situation est sans issue

La dernière situation est pour moi la plus difficile à vivre. Dans cette hypothèse, on est vraiment motivé par son objectif. On sait que si l’on y arrive, les résultats seront exceptionnels. Dans le même temps, on est prêt à faire des efforts et à surmonter les obstacles qui seront sur notre chemin.

Or, les efforts fournis n’aboutissent pas. C’est pourquoi, avant de t’investir plus que de raison, tu dois savoir si tu as le courage et les ressources nécessaires pour y arriver.

Attention toutefois à ne pas te sous-estimer ! Il est important de faire un travail en amont pour lever les blocages internes comme le manque de confiance en soi ou les peurs afin de ne pas renoncer pour de mauvaises raisons.

Si tu renonces parce que tu as peur de l’échec, c’est déjà un échec. Si tu renonces parce que tu manques de confiance en toi, c’est aussi un échec.

Mais si tu renonces parce que tu vois que les efforts que tu fournis n’aboutissent pas, alors ce n’est pas un échec !

Lorsque je réfléchissais au secteur d’activité dans lequel me reconvertir, je savais que je voulais aller vers les métiers de l’accompagnement. J’ai d’abord pensé à devenir psychologue. Mais pour ça, il fallait reprendre 5 années d’études. Et je n’en avais clairement pas la force après avoir fait 5 ans de droit !

J’ai donc abandonné cette idée. Mais pas mon objectif. Mon but restait toujours de me reconvertir dans l’accompagnement individuel. C’est là que j’ai découvert le métier de coach professionnel. Et j’ai complètement adhéré à cette méthode d’accompagnement !

En conclusion

Récap des points importants à retenir de cet article :

  • Renoncer intelligemment ce n’est pas échouer
  • Il faut définir ses limites et savoir à quoi renoncer
  • Quand les efforts fournis sont plus importants que les résultats espérés, il faut savoir renoncer à une méthode et en trouver une autre pour atteindre son objectif de reconversion
  • Lorsque les besoins essentiels ne sont pas satisfaits, il faut savoir renoncer à son projet ou à un élément de son projet
  • Quand la situation est sans issue, il faut savoir renoncer

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