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(Article que j’ai initialement publié sur Essentiel)

Doutez-vous régulièrement de vos compétences et de vos capacités ? Avez-vous tendance à mettre votre réussite sur le compte de facteurs externes comme la chance, le hasard ou la sympathie d’autrui ?

Si c’est le cas, alors vous souffrez probablement du syndrome de l’imposteur. Comme 70 % des personnes, selon le psychologue Kevin Chassangre ayant réalisé une thèse et écrit un livre sur le sujet.

Un syndrome qui touche autant les femmes que les hommes, mais les femmes y sont plus sensibles car elles recevraient moins de soutien.

Dans quels moments sommes-nous touchés par ce syndrome ?

Au cours de nos études supérieures, lors de la prise d’un premier poste ou d’une promotion, lors d’un changement de poste ou encore lorsque l’on devient parent.

Concrètement comment se manifeste le syndrome de l’imposteur ? Quelles sont les causes de son apparition ? Et comment faire pour s’en débarrasser ?

Les caractéristiques du syndrome de l’imposteur

Si je reprends la définition proposée par Wikipédia,

Les personnes atteintes du syndrome de l’imposteur expriment une forme de doute maladif qui consiste essentiellement à nier la propriété de tout accomplissement personnel. Ces personnes rejettent donc plus ou moins systématiquement le mérite lié à leur travail et attribuent le succès de leurs entreprises à des éléments qui leur sont extérieurs (la chance, un travail acharné, leurs relations, des circonstances particulières). Elles se perçoivent souvent comme des dupeurs-nés qui abusent leurs collègues, leurs amis, leurs supérieurs et s’attendent à être démasquées d’un jour à l’autre.

Il y a donc 3 caractéristiques majeures :

· Douter régulièrement de ses capacités et de ses compétences ;

· Attribuer le succès de son travail exclusivement et systématiquement à des éléments extérieurs ;

· Se percevoir comme un imposteur dont l’incompétence sera bientôt démasquée.

Si vous êtes atteinte de ce syndrome, ces quelques phrases devraient vous être familières :

« J’ai eu ce poste parce que le recruteur était vraiment sympa »

« Ce n’était pas si difficile que ça. N’importe qui peut y arriver »

« J’ai surtout eu de la chance ! »

« Si j’ai décroché ce contrat, c’est parce que j’ai investi tout mon temps et mon énergie »

Le syndrome de l’imposteur se manifeste donc au quotidien.

Douter de vous, de vos capacités, de vos compétences ou de votre intelligence peut entraîner de lourdes conséquences aussi bien sur le plan émotionnel que physique.

À force de croire que votre réussite n’est que le résultat de facteurs externes, vous cultivez la croyance symptomatique que vous êtes nulle. Vous développez ou entretenez alors une faible estime de vous-même et votre confiance en vous-même dégringole.

De plus, le risque est que vous vous surinvestissiez dans votre job en pensant qu’il faut abattre un travail colossal pour atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé ou que l’on vous a fixé. Ou tout simplement pour être légitime et mériter votre place.

Aujourd’hui vous avez envie de changer de job. En restant dans ce cercle vicieux dominé par le syndrome de l’imposteur, vous n’allez pas vous donner le droit de trouver un autre emploi qui vous correspondra plus et qui vous satisfera.

Mais alors pour quelles raisons sommes-nous si nombreux.ses à souffrir du syndrome de l’imposteur ?

3 raisons pour lesquelles vous souffrez du syndrome de l’imposteur

La liste des raisons est nombreuse. On y trouve des raisons purement personnelles et des raisons externes. J’ai décidé d‘en lister 3.

Raison 1 : L’école nous formate pour devenir des experts d’un domaine précis

Dès le plus jeune âge, l’école nous bourre le crâne avec l’exigence de performance. Le système d’évaluation basé sur les notes en est une illustration.

Plus l’on est performant, plus on mérite une récompense comme les félicitations du conseil de classe ou le « droit » d’aller étudier dans telle école.

Une fois au lycée et en études supérieures, nous devons choisir une spécialisation. En adoptant ce processus, l’école nous conditionne pour accéder au Graal de la réussite professionnelle et sociale imposée par la société : devenir expert dans son domaine.

Dans cette approche, ce n’est que si vous avez un diplôme à l’appui et que vous êtes un expert dans votre domaine, que l’on vous considère comme légitime et compétent.

Raison 2 : L’exigence de performance imposée par la société

De nos jours, il faut être au top partout et pour tout.

Il faut faire et donner toujours plus dans son job. Il faut avoir toujours plus d’objectifs. Ou il faut avoir un corps encore plus parfait.

Même le bonheur et la santé mentale sont devenus une affaire de performance ! Il n’y a qu’à voir les politiques d’entreprise sur l’épanouissement au travail, la tendance qu’il y a eue avec les Chief happiness officer ou la déferlante du développement personnel pour accéder au bonheur.

Plus vite, plus haut, plus fort !

Vous avez réussi vos études avec brio. Vous avez monté de A à Z tout un projet. À peine terminé, vous êtes déjà en train de lancer le prochain. Vous ne vous accordez pas un temps de répit pour vous féliciter et apprécier votre réussite.

Dans ces conditions, on peut facilement comprendre que se développe le syndrome de l’imposteur chez bon nombre d’entre nous et surtout chez les personnes à hauts potentiels, qui sont — sans même qu’ils s’en rendent compte — en perpétuelle compétition les uns les autres.

Raison 3 : La faible estime de soi et le manque de confiance en soi

Avoir une faible estime de vous-même, c’est ne pas vous aimer pour ce que vous êtes. C’est aussi avoir un regard très critique sur vous-même et avoir une mauvaise image de vous.

« Je suis vraiment nul le», « Je suis incapable d’écrire une phrase sans faire une faute », « Je préfère ne rien dire parce que de toute façon ma parole n’a pas de valeur », « Les autres sont mieux que moi ».

Ne pas avoir confiance en vous-même, c’est considérer que vous n’aurez pas la réaction, le comportement approprié face à une situation donnée.

« Je n’y arriverai jamais », « De toute façon je n’ai pas les épaules pour écrire un livre ».

Si vous avez envie de vous reconvertir, je vous invite à lire 3 étapes essentielles pour réussir sa reconversion et développer sa confiance en soi.

Les personnes qui souffrent d’une faible d’estime d’eux-mêmes et d’un manque de confiance en eux sont prédisposées à souffrir du syndrome de l’imposteur. Ce sont généralement des personnes qui ont toujours très bien réussi à l’école et dans leur travail. Mais malgré leurs succès, rien à faire. Ils n’arrivent pas à se voir à leur juste valeur.

Si vous êtes dans ce cas, quoi que vous fassiez ou que vous disiez, vous n’aurez pas un regard objectif sur vous-même et vos capacités. Vous vous dénigrerez et donc vous chercherez toujours à justifier votre réussite par un facteur externe.

Autre explication, vous pouvez aussi avoir vécu une mauvaise expérience personnelle ou professionnelle, un échec qui vous a fait douter de vos capacités et de vos compétences. Ce qui a entraîné un manque de confiance en vous-même et une baisse d’estime.

Identifier les origines de votre syndrome de l’imposteur et en avoir conscience est déjà une première étape pour arriver à vous en débarrasser. Cependant, ce n’est pas suffisant. Voici quelques astuces qui pourront vous aider.

Des astuces pour se débarrasser du syndrome de l’imposteur

Astuce 1 : Modifiez votre perception de vous-même

Vous l’aurez compris, si vous souffrez du syndrome de l’imposteur c’est parce que vous manquez probablement de confiance en vous et d’estime personnelle. Pour cela, vous devez faire un travail sur vous-même.

Comment ?

Comme l’explique Louise Hay dans son livre Transformez votre vie, la perception que l’on a de soi-même et de la vie est faussée et chacun d’entre nous avons le pouvoir de changer ses pensées.

Ainsi, vous pouvez identifier toutes les pensées et les croyances comme « je suis nulle « et vous demander pour chacune d’elle si votre jugement est objectivement fondé.

Aussi, si vous avez déjà échoué, est-ce si grave ? Diriez-vous à votre collègue ou à votre frère « tu as échoué, tu es vraiment nul » ? Je suis sûre que non. Vous êtes naturellement plus objectif et indulgent envers les autres.

Alors pourquoi pas envers vous-même ?

Pour vous aider, vous pouvez par exemple solliciter des feedbacks sur vos capacités, qualités, compétences auprès de vos collègues ou de vos proches en qui vous avez confiance et pour lesquelles vous accordez de la valeur.

Vous pouvez aussi dresser la liste de vos réussites personnelles/professionnelles et vous amuser à trouver les ressources internes (qualités, capacités, etc..) que vous avez mobilisé pour atteindre votre objectif.

Enfin, vous pouvez effectuer l’exercice de la projection. L’objectif est de vous visualiser dans une situation précise, par exemple dans votre futur job si vous êtes dans une démarche de reconversion, et vous imaginer dans les moindres détails en train de travailler.

Astuce 2 : Passez à l’action

Comme l’adage le dit, « c’est en forgeant qu’on devient forgeron ». Pour vous sentir légitime dans ce que vous faites et ce que vous êtes, rien de tel que de vous mettre en action.

Me concernant par exemple, il y a quelques mois lorsque j’ai proposé mon premier article invité à un magazine web, je me disais que mon article avait été accepté parce que la rédactrice en chef était très sympa et que la chance s’en était mêlée.

De plus, j‘écrivais sur un sujet dans lequel je n’étais pas experte.

À force d’écrire un article par semaine, je me sens aujourd’hui plus légitime à proposer mes contenus à d’autres magazines et à discuter des modalités de publication et de diffusion.

C’est grâce à la pratique que j’ai apprivoisé mon syndrome de l’imposteur.

Astuce 3 : Ne pas avoir peur d’être débutante

99 % des femmes qui ont envie de se reconvertir et que j’ai eu le plaisir d’interroger n’osent pas sauter le pas, car elles ont peur de ne pas être légitimes dans leur nouveau métier.

Elles n’imaginent pas changer de métier sans au moins avoir un diplôme qui atteste de leurs compétences et capacités. Pour elles, débuter = imposture.

Cette troisième astuce est étroitement liée à la deuxième. Comme l’explique Josh Kaufman dans The first 20 hours et bien d’autres auteurs, vous n’avez pas besoin d’être expert dans un domaine pour être légitime aux yeux des autres.

Etre débutante ne veut pas dire que votre réussite est liée à la chance ou à un autre élément externe. Même si vous êtes débutante, vous avez des connaissances, une personnalité, une approche personnelle et différente. Et c‘est la combinaison de toutes ces éléments qui fait que vous êtes légitime.

De plus, ça ne vous aura pas échappé que devenir un spécialiste et un expert est totalement obsolète de nos jours.

Avec l’ère du numérique et du digital, nous sommes voués à vivre plusieurs vies professionnelles. Certaines tâches et expertises sont remplacées par des robots ou sont déjà automatisées. Et ça n’est que le début.

Devenir expert dans un domaine n’a donc plus de sens. Aujourd’hui, ce sont les capacités d’adaptation et les soft-skills qui sont recherchés. Le diplôme perd de sa valeur. L’accès à la connaissance et à l’apprentissage ne s’arrête pas après les études.

Etre débutante et multipotentielle est aujourd’hui valorisé.

En conclusion

Le syndrome de l’imposteur est un mal courant qui touche de nombreuses personnes. Vous n’êtes pas seule. Peut-être même que votre N+1, votre mentor ou la personne que vous admirez en souffre aussi.

Les causes sont multiples et vous ne devez pas être trop sévère avec vous-même. La société et le système scolaire ont fortement contribué au développement de ce syndrome. Si vous manquez de confiance en vous-même et d’estime, le phénomène n’a pu que s’accentuer.

Toutefois, vous pouvez mettre en pratique des astuces pour vous libérer du syndrome de l’imposteur comme modifier vos croyances et votre perception de vous-même, passer à l’action et accepter d’être débutant.

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