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Pour pouvoir créer une méthode d’accompagnement qui réponde au plus près aux besoins des femmes que je souhaite accompagner, j’ai interviewé un panel d’une quinzaine de femmes.

L’échantillon représente des femmes âgées de 28 à 48 ans. Ces femmes sont toutes d’origine occidentale et sont célibataires ou en couple, mariées, mères de famille ou non. La plupart d’entre elles ont fait des études supérieures. Elles sont dans la vente, dans le paramédical, dans les Ressources humaines, sur des postes de commerciales ou encore dans le marketing.

99% de celles qui ont sauté le pas de la reconversion professionnelle l’ont fait suite à la survenance d’un événement émotionnellement lourd.

99%. Seule l’une d’elles que j’ai eu le plaisir d’accompagner dans le cadre de ma formation de Coach professionnel s’est lancée dans cette démarche d’elle-même. Sans que finalement la vie ou la malchance ne s’en mêle.

Coïncidence ? Cette dernière jeune femme a 27 ans. Les autres ont plus de 30 ans.

Mais quels sont ces événements forts en émotions qui les ont poussés à enfin reprendre le contrôle de leur vie ?

Le burn-out ou un autre évènement douloureux

 

Un burn-out. Souvent le burn-out.

Un accident grave ou encore la maladie.

J’entends et je lis régulièrement des témoignages de femmes qui parlent de leur burn-out et de leur nouvelle vie professionnelle épanouissante. Pourtant, je n’ai pris conscience de ce constat qu’après avoir entendu ces femmes m’expliquaient leur parcours et leur déclic.

Ce rappel à l’ordre ou cette seconde chance, comme elles l’appellent.

Comment se fait-il que ces femmes aient dû en passer par un événement aussi douloureux émotionnellement et physiquement pour enfin se donner le droit et oser changer de carrière ?

L’envie voire même la nécessité vitale de changer d’emploi et de se reconvertir était présente depuis 3, 5 ans et même plus pour certaines ! Le constat est tristement révélateur d’un comportement très féminin. Mais ces femmes restaient emprisonnées dans une routine professionnelle parce qu’elles avaient peur du changement.

Peur de regretter leur décision. Peur de ne pas être légitime.

Puis, parce qu’il y avait les enfants et le « devoir de se sacrifier » pour l’avenir de leurs enfants.

Pourtant, il ne s’agissait pas de sauter du haut d’un pont et d’emporter leurs enfants avec elles. Il s’agissait avant tout de s’autoriser à penser à se reconvertir, à changer de métier, d’entreprise. A penser tout simplement à soi et à ses aspirations.

Un choix, qui même s’il impliquait des changements pour le reste de la famille comme se serrer un peu la ceinture pendant quelque temps, restait en somme un choix mesuré et réfléchi. Un choix qui serait co-décidé si besoin avec le reste de la famille et qui serait tellement bénéfique !

On ne parle pourtant que d’un simple travail ?

Alors, en analysant les réponses apportées par ces femmes et après un échange avec une psychologue sur le sujet, j’ai envie de répondre à cette question :

« Pourquoi les femmes attendent le coup fatal pour s’autoriser à vivre une vie professionnelle qui les rendra plus épanouies ? ».

1/Les femmes sont dans un schéma de sacrifice de soi

 

Lors de mes échanges riches d’informations et d’enseignements, ces femmes que j’ai interrogées – qu’elles aient ou non franchi le cap de la reconversion-, ont argumenté leur décision de non-agir de différentes manières.

En tête des raisons évoquées, les enfants. Ces mères m’ont expliquée qu’elles ne peuvent ou ne pouvaient pas embarquer leurs enfants dans leur « désir égoïste ». Pour certaines, leur désir de reconversion leur « passera peut-être » alors que pourtant elles-mêmes ont exprimé que leur envie de reconversion est présente depuis au minimum 2 à 3 ans !

Pourquoi qualifier leur désir d’égoïste ou de temporaire ?

 

Est-ce égoïste de penser à soi ? Et cette autocensure est-elle aussi marquée chez les pères de famille ?

Ces femmes font reposer l’avenir de leurs enfants essentiellement sur leurs propres épaules. Elles doivent se sacrifier pour leurs enfants et leurs familles. Elles doivent sacrifier leur épanouissement professionnel.

À l’heure où les mentalités et les rôles de la femme et de l’homme dans la famille sont en train d’évoluer, certaines femmes restent encore bloquées dans ces carcans. En devenant mère de famille, l’enfant passe avant tout. Avant elle. Ce sacrifice est louable, mais jusqu’où ?

S’inspirer des plus jeunes

 

Je pense que ces femmes sont en train de s’inspirer des plus jeunes qui bousculent les codes en la matière. Et je crois avec conviction qu’une femme ne peut être une bonne maman que si elle montre l’exemple en écoutant ses désirs et ses envies.

Tu ne dois pas oublier qu’avant d’être une mère de famille, tu es une femme. Une personne !

De plus, se reconvertir ne veut pas dire prendre des risques démesurés ou inconscients.

Tu ne vas pas prendre de décision qui risque de te mettre dans une situation financière t’obligeant à quitter ton logement, à dormir sous les ponts.

Il s’agit avant tout d’être à l’écoute de tes propres émotions, de tes envies et de tes besoins.

Enfin, en adoptant une telle attitude de sacrifice qu’elles jugent raisonnable, elles prennent au contraire un risque énorme. Le risque de craquer émotionnellement et physiquement. Ce qui se répercutera inéluctablement dans leur vie privée.

2/Le manque de confiance en soi est très présent

 

J’ai été surprise de constater que les femmes que j’ai interrogées sont toutes conscientes que l’obstacle n°1 à leur reconversion est elles-mêmes. Le manque de confiance en elle.

Ne pas avoir confiance en soi c’est penser que l’on n’aura pas la bonne attitude, le bon comportement face à une situation donnée. Le manque de confiance en soi se manifeste alors dans l’action.

Aussi, le fameux syndrome de l’imposteur a souvent été évoqué pour exprimer ce sentiment ou plutôt la croyance erronée qu’elles ne seront pas légitimes à faire ce qu’elles aimeraient faire. Beaucoup de femmes sont enfermées dans des schémas négatifs où elles ont un niveau d’exigence extrême envers elles-mêmes.

Comment ne pas les comprendre ?!

J’étais dans cette situation toute ma vie. Et ce n’est que depuis quelques mois que je peux enfin dire que je me suis libérée de ce foutu syndrome de l’imposteur. L’exercice demande un effort et de la régularité, mais surtout de la volonté et de croire en soi ! Quand j’ai compris qu’il n’était pas nécessaire d’être un expert pour être légitime à se lancer, tout s’est éclairci !

Retiens bien cette phrase si ton manque de confiance en toi est lié au syndrome de l’imposteur :

Tu n’a pas besoin d’avoir un niveau expert pour te lancer. Il suffit que tu aies un niveau de connaissance supérieure à la moyenne de ton audience. 10, 20% de plus suffisent pour être légitime.

Et pour acquérir ces 20%, tu n’as pas besoin de dix ans d’expérience. Pour approfondir le sujet, je te renvoie à mon article paru chez Essentiel : Apprenez tout ce que vous voulez avec la méthode The first 20 hours.

Pour pouvoir gagner en confiance en soi, il n’y a pas de recette miracle. Il faut prendre le temps d’apprendre ou de réapprendre à se connaitre en profondeur, à accepter et accueillir ses émotions négatives et à aller chercher les raisons de leur présence puis à adopter d’autres modes/mécanismes de pensées. Ce n’est ni plus ni moins que de la gymnastique cérébrale quotidienne pour sortir de ce schéma. Et tu peux y arriver !

3/Les femmes sont paralysées par leurs peurs

Enfin, c’est la peur qui empêche ces femmes de se lancer. La peur est une émotion tout à fait naturelle. Toutefois, tu ne dois pas lui donner plus d’importance qu’elle ne le mérite. La peur est une émotion acceptée plus que de raison pour et par les femmes. Cela vient de l’image que l’on a reçue de notre famille ou de la société.

L’image de la petite fille fragile. C’est normal qu’elle ait peur. À l’inverse, un garçon lui ne doit pas avoir peur. Il doit être fort et être dans l’action permanente.

Les peurs qui sont revenues lors de mes échanges sont :

  • La peur d’échouer, de ne pas réussir dans une nouvelle vie professionnelle
  • Ou de ne pas trouver un métier qui va les épanouir
  • La peur de regretter leur décision d’avoir quitté leur emploi : on sait ce que l’on quitte, mais on ne sait pas ce que l’on retrouve. Je ne suis pas tout à fait d’accord ! On peut très bien avoir une idée de ce que l’on va retrouver. Il suffit de le vouloir et de se donner les moyens de créer sa nouvelle vie professionnelle comme on voudrait l’avoir. Et je ne parle pas que d’entrepreneuriat. Il est possible de créer sa future vie même en étant salariée. Pour cela, il faut poser au clair les conditions de travail que l’on veut avoir, les tâches que l’on veut faire, etc. Et adopter sa stratégie de recherche en fonction de ces critères !
  • La peur de décevoir aussi son entourage.

Tu ne crois pas qu’il est temps de reprendre le contrôle de ta vie ?

Ne préfères-tu pas VIVRE ET OSER plutôt que de faire du sur-place dans une vie professionnelle qui te rend de plus en plus aigrie, de plus en plus fatiguée ?

Ne veux-tu pas garder le sourire et ton optimisme pour toi et tes proches ?

Alors, sois à l’écoute de tes peurs, interprète-les et demande-toi pourquoi tu as peur ? Qu’est-ce que tes peurs ont à dire ? En les écoutant, tu trouveras leurs origines et tu pourras adopter une stratégie pour les réduire et te mettre en mouvement.

Conclusion

 

N’attends pas l’arrivée d’un malheureux événement pour enfin être à l’écoute de tes désirs et de tes besoins. En restant dans la passivité, dans une situation qui ne te satisfait pas, tu risques non seulement d’y laisser des plumes, mais aussi de perdre un temps fou.

Un temps que tu pourrais consacrer pour trouver et construire un (ou plusieurs) projet professionnel qui te fera vibrer. Qui te donnera le sourire. Qui te donnera envie de te lever le matin. Et qui te donnera l’énergie pour tes enfants.

Un projet dans lequel tu trouveras du sens, dans lequel tu t’éclateras.

Cette question de la reconversion que tu te poses depuis quelque temps, donne-toi le droit de trouver des réponses. Si tu ne le fais pas maintenant, sache que dans dix ans, on ne te donnera pas le choix.

De nouveaux métiers vont émerger. Faire le même métier toute sa vie et dans la même entreprise, c’est terminé. Alors, anticipe dès maintenant et prends ce temps pour trouver ce qui t’anime. En faisant ce travail dès maintenant tu auras tous les outils et la méthode pour pouvoir anticiper l’avenir et t’adapter aux évolutions du monde du travail.

Pour terminer, je te propose un exercice : Quelle est la principale raison pour laquelle tu ne te lances pas dans une démarche de reconversion ? Et comment peux-tu faire pour régler ce problème ? Partage-moi tes réponses en commentaires !

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