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Je n’ai jamais su ce que je voulais faire lorsque j’étais plus jeune. Enfant, je changeais tout le temps d’avis. Un moment je voulais être serveuse, un autre scénariste puis médecin. L’idée même de devoir choisir un métier m’effrayait.  En terminal, je ne savais pas quelle orientation choisir. En bonne élève et en suivant les conseils de mes professeurs, je suis partie en fac de droit. Un choix par défaut plutôt que par véritable envie.

J’ai obtenu ma licence de droit puis mon master 2 spécialisé en droit du travail. J’ai ensuite décroché mon premier poste de juriste en CDI dans une entreprise de ma région. Le parcours typique du modèle de réussite sociale imposée par notre société.

L’ennui a vite pointé le bout de son nez. Je n’étais pas malheureuse dans ce job, mais pas non plus heureuse. J’avais l’intuition que je passais à côté de quelque chose de mieux professionnellement, mais aussi personnellement.

De mon point de vue, distinguer le personnel du professionnel n’a pas de sens. Les deux sont étroitement liés et c’est la synergie de ces deux pans de ma vie qui contribue à mon épanouissement.

Au bout de trois ans, j’ai donc décidé qu’il était temps de me reprendre en mains. Malgré une situation de vie confortable, j’ai quitté mon job sans la moindre idée de ce que j’allais faire ensuite.

Le chômage, un retour à la case zéro pas toujours bien vu

Le chômage est mal vu. La plupart des gens assimilent cette période à quelque chose de négatif. Une période totale d’inactivité que l’on subit parce que l’on a perdu son job ou bien parce que l’on est fainéant. Etre au chômage est loin d’être sexy. Certaines personnes n’assument pas l’étiquette de chômeur et préfèrent rester dans un boulot qui ne leur convient pas plutôt que de perdre leur statut de salarié.

Le regard des autres peut parfois être dur à encaisser. Quand je disais que j’avais quitté mon poste de juriste en CDI et que j’étais au chômage sans avoir une autre idée de projet, les gens étaient surpris. Ils ne comprenaient pas mon choix et portaient un jugement de valeur à mon égard.

En quittant mon poste, la première chose que j’ai faite a été d’effectuer un bilan de compétences. J’étais vraiment perdue. Je n’arrivais pas à trouver de réponses aux questions : qui suis-je ? Et qu’est-ce que j’ai envie de faire ? Et surtout, j’étais pressée. Pressée de vite quitter la case chômage.

Ce bilan fut un échec puisqu’il m’a ramenée vers le secteur RH, que j’avais pourtant décidé de quitter. Le bilan de compétence ne va pas au fond des choses. Il ne se contente que de faire un point sur tes compétences professionnelles. Tous les aspects personnels qui font la personne que tu es sont survolés. Or, ce travail introspectif est indispensable pour bien orienter tes choix de carrière !

La nécessité de faire un travail introspectif

Comment savoir ce que l’on veut faire si l’on ne sait pas vraiment qui l’on est ? J’ai compris toute l’importance de cette question après le bilan de compétences. Si l’on veut trouver un métier, un job qui nous correspond et qui nous satisfera, il faut agir de manière méthodique et logique.

Mieux je me connais, plus j’ai de chances de faire un choix professionnel qui me correspond et qui me plaira. Mais se connaitre, ce n’est pas simplement faire un listing rapide de ses qualités, de ses défauts et de ses goûts. Aujourd’hui, beaucoup de femmes avec qui j’échange dans le cadre de mon activité de coach spécialisée en reconversion professionnelle sont certaines de bien se connaitre. Or, c’est faux.

Se connaitre, c’est faire un véritable voyage à travers soi. C’est découvrir ses modes de fonctionnements, être à l’écoute et comprendre ses émotions. Il s’agit de savoir quel est son tempérament, mais aussi ses aspirations, ses besoins, ses limites, ses talents et ses potentiels.

J’ai passé 6 à 7 mois pour faire ce profond travail d’introspection. Pour m’aider, j’ai lu beaucoup de livres. Et celui qui m’aura marquée est La force des discrets de Susan Cain. Un livre qui traite des personnes au tempérament introverti. Une vraie révélation pour moi qui en suis une.

Avant ce livre, j’avais honte de ce trait de caractère. Je pensais que ma discrétion, le fait d’être rapidement épuisée en fin de journée ou mon besoin de me retrouver seule, était anormal. Presque comme des signaux de déprime. Avec ce bouquin, j’ai compris que non. J’ai pris conscience que je faisais simplement partie des 40 à 50% de la population mondiale introvertie.

Évidemment, ce travail ne s’est pas arrêté là. Plus j’avançais dans mon introspection, plus j’avais le sentiment de découvrir à seulement 28 ans qui j’étais. Tous les choix et toutes les décisions que j’avais pris jusque-là ont été influencés. Influencés par le corps enseignant, par la société de manière générale et par la famille. Je cherchais  à rentrer dans un moule pour ressembler à tout le monde.

L’exercice a eu l’effet d’une claque. Une claque qui m’a cependant réveillée et révélée. Le premier effet bénéfique de ce travail a été la confiance en moi. Moi qui souffrais terriblement de confiance en moi et qui avais une faible estime de moi-même, apprendre à me connaitre à changer la donne.

Apprendre à apprendre

En parallèle de ce travail d’introspection, j’ai appris à apprendre. D’abord en lisant beaucoup d’ouvrages de développement personnel, de biographies pour m’inspirer et m’aider à apprendre à me connaitre. Puis, des livres sur la société, le monde du travail, la psychologie, l’entrepreneuriat, l’organisation, la performance.

Bref, j’ai considérablement enrichi mes connaissances grâce aux livres et aux podcasts du même genre (mention spéciale pour le manal show que je conseille à toutes d’écouter : un podcast façon nouvelle école).

J’ai appris d’autres disciplines comme le marketing digital. À part le droit, je ne connaissais rien. Ce choix n’était pas réfléchi. Je n’avais pas une idée en tête. J’étais seulement curieuse de découvrir le monde du digital. Et c’est comme ça que j’ai découvert le métier de copywriter (une technique d’écriture marketing basée sur la psychologie et l’art de manier les mots pour susciter de l’émotion chez son lecteur).

L’écriture, une passion que j’ai retrouvée également pendant mon année de chômage. Je me suis lancé le défi d’écrire un roman. Un challenge que j’ai réussi à relever !

J’ai trouvé ce que je voulais faire naturellement

 

Accompagner les femmes qui en ont marre de leur job à trouver et à construire un nouveau projet professionnel, voilà ce que je fais aujourd’hui. Me spécialiser dans le coaching en reconversion professionnelle des femmes n’est pas venu par magie. Ce fut un travail de patience, de questionnement et de remises en question pour affiner mon idée et la transformer en un projet entrepreneurial concret qui porte le nom aujourd’hui de Wit Potentielles.

Aussi, en tant que multipotentielle assumée, j’aime et j’ai besoin de faire autre chose. C’est pourquoi je slashe ma nouvelle activité professionnelle principale avec quelques missions de copywriting en freelance.

J’aime ce que je fais. Ça correspond tout à fait à qui je suis. Toutefois, je relativise. Nous sommes voués à vivre plusieurs vies professionnelles. La robotisation, l’intelligence artificielle, la digitalisation font que de nouveaux métiers vont émerger dans les années à venir et d’autres sont déjà en voie de disparition.

Plus que jamais, il va falloir apprendre à bien se connaitre et à développer ses soft-skills pour pouvoir s’adapter aux évolutions du monde du travail tout en continuant à aimer ce que l’on fait.

En conclusion

Avant de te précipiter à chercher ce que tu veux faire, prends le temps de trouver qui tu es. Tu penses bien te connaitre, mais peut-être pas si bien que ça en fait. Nous sommes formatés par notre éducation, par l’école et la société de manière générale pour avoir des croyances et des valeurs qui assurent la stabilité collective. Ce qui fait que nous perdons de notre singularité.

De plus, si tu étais au clair avec la personne que tu es, trouver ton nouveau projet professionnel ne serait pas compliqué !

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