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J’ai peur de l’échec. Même si j’ai quitté mon job de juriste et lancé mon activité entrepreneure dans la reconversion professionnelle.

Et je pense que cette peur ne partira jamais.

En menant ma petite enquête pour comprendre les blocages des femmes qui ont envie de changer de job, mais qui n’osent pas franchir le cap, beaucoup ont eu le courage de me confier qu’elles avaient peur de l’échec.

Mais de quel échec ? Qu’entendaient-elles par « échec » ?

Ce que l’on met derrière ce mot est très personnel. Chaque individu associe l’échec à son prisme de croyances, d’expériences et à sa personnalité.

Pour ceux qui ont une peur paralysante de l’échec, échouer c’est comme un crash d’avion. C’est trop dangereux. Ils s’inquiètent : « Que vont penser les autres de moi ? Mes connaissances ? Ma famille ? Je ne veux pas montrer l’image d’un looser ».

La peur est une émotion saine. Et l’émotion c’est précisément ce qui amène au passage à l’action. En effet, la peur se ressent au niveau musculaire.

Alors, deux actions possibles pour se protéger d’une situation dangereuse : soit notre cerveau nous somme de rester immobiles, soit il nous oblige à prendre nos jambes à notre cou pour fuir le danger.

Les personnes qui ont une peur bleue de l’échec ne quitteront jamais leur job. L’inconnu est bien trop dangereux. À leurs yeux, échouer est pire que de rester dans leur job même si ce dernier de les rend pas heureuses et qu’elles aimeront en changer. Dans cette hypothèse-là, la peur de l’échec se révèle être un ennemi pour atteindre son objectif.

Cependant, la peur de l’échec n’est pas seulement un ennemi. Elle peut devenir un véritable allié une fois que tu auras sauté le pas et enclencher le processus de reconversion.

L’échec, ce truc qui n’a pas la côte dans la culture française

Selon le Larousse, l’échec est défini comme un résultat négatif d’une tentative, d’une entreprise, un manque de réussite ; une défaite, l’insuccès.

Il semblerait que notre culture française ait pris cette définition particulièrement au pied de la lettre.

En effet, ce sont toujours les points négatifs qui sont mis en avant. Les marques de reconnaissance, d’encouragements ou de félicitations ne sont pas suffisamment valorisées. Que ce soit lors de notre scolarité ou lorsque l’on rentre dans la vie active, notre culture met le doigt sur ce qui ne va pas, sur ce qui devrait être amélioré et sur les échecs.

Le but ? Nous aider à progresser. À faire mieux. À faire plus.

Nous avons grandi avec une image très négative de l’échec. Sur les bancs de l’école, l’échec a mauvaise réputation. Les camarades de classe qui ont redoublé sont les « mauvais ». Repiquer une classe, c’est la honte !

Du moins, c’est l’image qu’on nous donne. Il faudrait donc réussir du premier coup et partout ! Pas de place à l’erreur. Pas de place à l’échec.

Même si les mentalités évoluent sur ce point pour emprunter à nos voisins anglo-saxons une vision nettement plus vertueuse de l’échec, ce n’est pas encore ça. Il suffit de regarder les médias.

Ce sont des profils au parcours irréprochable qui sont mis en avant. On ne parle pas de ceux qui ont connu l’échec avant de réussir et d’atteindre le Graal de la réussite professionnelle. Et pourtant toutes les personnalités qui ont pris un risque pour réaliser leurs rêves sont passées par des échecs.

L’exemple qui me vient systématiquement en tête est celui de Walt Disney. Plus d’une quarantaine d’échecs. Plus d’une centaine de refus de financement. Ce sont ses échecs qui l’ont conduit au bout de ses rêves !

La peur de l’échec, ennemie de la reconversion

Quand l’échec a aussi mauvaise presse en France, ce n’est pas étonnant que tu sois frileuse à l’idée de changer de job. Une fois que tu as décroché un job qui sur le papier rend bien, que tu as une vie socialement approuvée, quitter tout ça représente un risque.

Mais le résultat espéré ne vaut-il pas la prise de risque ?

Imagine un peu à quoi ressemblerait ta vie lorsque tu auras un job qui te donnera le sourire le matin. Un job qui te correspond vraiment. C’est quand même mieux que de rester dans ce confort inconfortable que t’apporte ton emploi actuel, n’est-ce pas ?

 

Le manque de confiance en soi à l’origine de la peur de l’échec

Lorsque la peur est trop intense, c’est le moment de s’interroger sur sa cause. Quand on creuse le sujet, la peur de l’échec cache un manque de confiance en soi et une basse estime de soi.

C’est logique.

Si tu as confiance en toi, c’est que tu sais que tu as les capacités, les compétences pour agir de la manière la plus appropriée face à une situation difficile. Ça veut dire que tu es consciente que tu sauras mobiliser les bonnes ressources pour affronter les difficultés et dépasser les obstacles qui seront sur ton chemin.

Si tu as une bonne estime de toi, c’est que tu t’aimes telle que tu es avec tes imperfections, tes qualités, tes succès, mais aussi tes échecs. Tu n’as pas besoin de l’approbation des autres pour être convaincue que tu es quelqu’un digne d’être aimé et digne de réussir.

Une personne qui a une bonne estime d’elle-même ne veut pas dire qu’elle se croit infaillible. Au contraire, c’est une personne qui accepte ses failles et qui ne va pas s’autoflageller si elle se trompe, si elle échoue.

Dans son esprit, l’échec n’est qu’une expérience.

Alors, pour sortir de cette paralysie et ne plus dépendre de la peur de l’échec, tu dois tout d’abord t’inspirer de ces personnes qui ont confiance en elles !

 

Des conseils à mettre en pratique

Pour développer ta confiance en toi tu peux par exemple :

  • Dresser la liste de toutes tes qualités, tes compétences, tes réussites
  • T’entourer de personnes qui ont confiance en elles et qui vont te tirer vers le haut
  • Écrire à quoi ressemblerait ta vie quand tu te seras reconvertie dans un job qui te rend épanouie
  • Faire « comme si » tu avais confiance en toi : pendant une journée, tu te mets dans la peau d’une femme qui a confiance en elle
  • Sortir de ton confort en te donnant un défi à relever pour passer à l’action.

Ensuite, il faut revoir ta perception de l’échec. Pour cela, voici quelques astuces :

  • Si tu n’arrives pas à atteindre ton objectif, est-ce si grave ? Dresse la liste de toutes les conséquences négatives
  • Écris à la main la perception positive que tu aimerais avoir de l’échec de manière à dédramatiser l’échec et à faire en sorte que ta peur ne soit plus paralysante
  • Échange avec des personnes qui ont une perception différente et surtout positive de l’échec. Le top du top est d’échanger avec des personnes qui ont connu l’échec et qui en ont retiré une leçon positive (qu’elles aient ou non atteint leur objectif).

Oui, la peur de l’échec est un frein à la reconversion. Ce frein m’a paralysée pendant presque deux ans. Mais une fois que tu l’auras dépassée, crois-moi, cette peur devient ton meilleur allié ! Et je vais te le démontrer tout de suite.

La peur de l’échec, alliée de la reconversion professionnelle

Une fois que tu as sauté le pas et que tu es prête à te reconvertir, il se passe quelque chose d’assez mystérieux. Ce qui jusque-là t’effrayait au point de te paralyser devient un véritable moteur pour avancer !

Tu as pris un risque et maintenant que tu as fait le grand saut, tu ne peux pas revenir en arrière. L’échec n’est pas une option. Tu as si peur d’échouer que tu réveilles ton « instinct de survie ».

C’est un peu comme si on te jetait dans le grand bain et que tu n’avais pas d’autre choix que de nager pour ne pas te noyer.

Alors tu nages ! Tu avances et tu te surprends à découvrir des potentiels et des ressources que tu ne soupçonnais pas jusque-là.

C’est là toute la beauté du risque et du passage à l’action : il permet de révéler toutes les pépites qui étaient endormies et cachées par le confort d’un travail sécurisant.

C’est en tout cas ce qu’il s’est passé pour moi.

En quittant mon job, je n’avais plus de choix. Je devais trouver ce que je voulais faire et je devais mettre tous les moyens en œuvre pour parvenir à devenir coach professionnel et réussir à lancer mon activité entrepreneure.

Dans cette phase, la peur de l’échec te donne des ailes. Elle te booste, elle te donne de la motivation pour avancer et atteindre ton objectif. Ce qui ne veut pas dire que ça marchera du premier coup. Il faut parfois essuyer quelques défaites avant de parvenir au but !

En conclusion

Ennemie ou alliée, la peur de l’échec n’est pas à étouffer. Il faut au contraire l’accepter et l’interpréter pour pouvoir identifier la cause qui rend ta peur paralysante.

En modifiant ta perception de l’échec, en t’ouvrant à la possibilité que quelque chose de positif puisse ressortir d’un échec et en travaillant ta confiance en toi, il est possible de la dépasser et de quitter ton job pour aller vers le métier qui te correspond vraiment.

Enfin, une fois que tu as mis un pied dans le processus de reconversion, la peur de l’échec va te permettre de réveiller en toi des forces, des potentiels et des ressources que tu ne pensais pas avoir et que tu mobiliseras pour réussir ta reconversion.

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