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Laure a quitté son job salarié après avoir vécu un burn-out qui l’a conduit à faire une chute brutale sur le quai du RER. Au cours de sa convalescence, Elle décide de reprendre sa vie en mains et effectue un profond travail d’introspection. De là, naîtra son projet entrepreneurial. Un projet dans lequel elle met en avant sa passion pour la danse et qui porte le nom de Condansé.

Aujourd’hui, Laure a trouvé le projet qui lui correspond. Avec Condansé, Laure propose diverses activités autour de la danse et pour un public varié : femmes, enfants, entreprise.

Un parcours riche d’enseignements que je t’invite à découvrir !

1/ Raconte-moi ton parcours

 

Enfant, je n’aime pas l’école, je m’ennuie et je ne parle pas beaucoup. Je suis très introvertie, repliée sur moi-même, et passe la plupart de mon temps à écouter plutôt qu’à m’exprimer. En grandissant, j’ai une préférence pour les lettres, les langues, et le sport où là je me sens bien.

Je passe mon bac Lettres et Langues, poursuis avec un BTS en communication et actions publicitaires et une maîtrise en arts du spectacle. Parce que oui, j’aime l’art vivant. Le théâtre – qui m’aide à m’exprimer et me fais découvrir des auteurs sublimes – et la Danse.

En travaillant sur mon mémoire dont le sujet traitait des danses théâtrales, je tombe sur un spectacle de tango argentin et c’est la révélation.

Je pars me former en Argentine. Je travaille avec de grands danseurs, je crée une association en France, puis je donne quelques cours. Bref, je me sens bien, les 2 pieds bien ancrés dans le sol.

Parallèlement à la danse, j’ai un emploi salarié. Je ne trouve pas de travail dans mon secteur artistique et j’enchaîne donc quelques petits boulots. Puis, je suis embauchée comme assistante de direction où je trouve un semblant de stabilité financière. Je m’intègre bien, je réponds aux objectifs et je me dis que finalement, je m’en sors pas mal même si je m’ennuie souvent et que je trouve les tâches monotones.

Le siège décide de réduire le personnel et je suis licenciée. Je retrouve un autre boulot, je re-re-refais mes preuves et c’est reparti. Mais je m’ennuie vraiment.

Les années passent, je laisse la petite flamme s’éteindre peu à peu, mais pas complètement car je danse toujours et j’ai une vie extra-professionnelle épanouissante.

Coté danse, me prend l’envie de réapprendre à danser seule et de ne plus être dépendante de la motivation aléatoire de mes partenaires. J’essaie le jazz et j’adore. Je réapprends tout : d’autres bases, une autre technique, une autre musicalité, d’autres influences. Je renchéris avec un peu de classique parce qu’après tout, tous les styles sont complémentaires et enrichissants.

Il m’arrive de danser jusqu’à 8h par semaine voire plus, quand il y a des répétitions, des galas, des opportunités ponctuelles de se produire sur scène. Pendant mes vacances, je pars à l’étranger partager la danse avec les enfants de quartiers défavorisés et je réalise l’impact qu’a la danse sur eux. C’est une autre petite révélation.

Commence alors à poindre l’idée que la danse est un matériau merveilleux pour s’épanouir.

Quelques jours après un énième conflit avec ma hiérarchie, je m’effondre littéralement comme une pierre en allant prendre le train un lundi matin pour aller travailler. Et comme je suis sur le bord du quai à attendre le train, je tombe sur les voies.

C’est le blackout, le fameux burn-out qui déboule sans prévenir et qui vous met au pied du mur. Après ça, tout a changé.

2/Ton envie de te reconvertir était là depuis longtemps ?

 

Oui je crois que j’avais envie de voler de mes propres ailes sans me l’avouer. J’ai toujours été très autonome et indépendante et je savais que ces boulots n’étaient pas pour moi. J’ai essayé de faire de mon mieux, de prouver que je pouvais relever des challenges, mais je me sentais en prison. Je manquais de liberté, de crédit. Et pourtant j’ai rencontré des personnes merveilleuses qui sont pour certaines, aujourd’hui des amis.

Je ne me suis jamais sentie à ma place. Je me sentais en dessous de ce que j’étais capable d’apporter.

Et tu vois, je ne parle pas d’argent, je parle d’apporter quelque chose, de se sentir utile. D’avoir une valeur ajoutée reconnue. D’appartenir à une sorte de « famille sociale » ou de se sentir membre intégrante d’une équipe soudée et soutenue par son leader. Mais ça, je ne l’ai jamais vécu.

C’est triste. Cela coupe tant d’élans, de bonne volonté, d’envies. Je trouve que c’est dévastateur, car les entreprises auraient tant à gagner à changer un peu leur management. Mais bon c’est un autre sujet.

3/Quel a été le déclic et les raisons qui t’ont donnée envie de quitter ton job et de te reconvertir ?

 

Le déclic a été la chute sur les voies du RER. La prise de conscience que la vie peut s’arrêter en un claquement de doigts. Pendant ma convalescence, je suis entrée en introspection totale, je me suis posée et véritablement écoutée.

J’ai dialogué avec mon corps, mon cœur, mes tripes. Je suis allée rechercher la petite fille que j’étais (le fameux enfant intérieur) et j’ai essayé de lui parler, de l’écouter et de la comprendre.

J’ai lu des bouquins. J’ai participé à quelques séminaires de développement personnel, je me suis remise en question, et j’en suis arrivée à me poser 3 questions extrêmement simples :

  1. Qu’est-ce que j’aime faire? = Qu’est-ce qui m’anime, me fait vibrer, me donne de l’énergie, me procure de la joie ?
  2. Qu’est-ce que je sais faire? = En quoi ai-je de la facilité, un « petit don » ou une aisance particulière ? Quels est/sont le/les domaine/s où j’ai un retour positif de mon entourage ?
  3. En quoi puis-je contribuer? = Qu’est-ce que je peux apporter, transmettre ? En quoi je peux aider avec mon expérience, mes acquis, mon vécu, ma façon de voir et de ressentir le monde ?

Et j’ai compris que je ne m’étais jamais laissé la liberté de réaliser ce qui me tenait le plus à cœur. Je ne m’étais même jamais vraiment posé ces questions si simples : qu’est-ce tu veux vraiment ? Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu veux laisser derrière toi ? Et qu’est-ce qui se passera si tu ne le fais pas ? Pourquoi penses-tu que tu es là ?

Pour moi ces questions, on devrait déjà se les poser à l’école… Ces interrogations ont eu comme effet de ne plus éviter le miroir. Je devais me regarder droit dans les yeux et être la plus honnête possible avec moi-même.

Bref, cet accident a finalement été une sorte de cadeau caché. Une opportunité pour tout changer. Et je pense que chaque moment de rupture est fait pour nous aider à comprendre ce vers quoi nous devons aller, ce qui est bon pour nous.

4/Quels sont les blocages internes que tu as rencontrés avant de sauter le pas ?

 

Il y en a tellement !!!  Nous sommes tellement conditionnés par l’école, la société, l’entreprise, à croire que si nous ne rentrons dans les petites cases toutes faites, si nous ne nous conformons pas à des modèles ou à des schémas préétablis, si nous ne nous formatons pas à telle ou telle manière de penser ou de faire, nous sommes à côté de la plaque… mais c’est tellement faux. Malgré tout, nos croyances sont bien ancrées en nous et s’en débarrasser n’est pas facile.

Le 1er blocage pour moi a été de me mettre en avant, d’être visible et de sortir de ma cachette secrète. Pour une vraie introvertie, c’est difficile. J’ai eu peur du rejet, du jugement, de la critique, du regard de l’autre.

Ensuite, j’ai eu le fameux syndrome de l’imposteur. Je ne me sentais pas légitime et je me disais : « mais qui suis-je moi pour faire ça, me lancer, oser ? Il y a tellement de gens plus talentueux que moi. »

Et puis bien-sûr, la peur d’échouer ou de réussir. Les 2 sont liées je pense, car inconsciemment on doit se dire : si je réussis, serais-je toujours aimée ?

Toutes ces peurs sont légitimes, mais il faut les accepter, les accueillir, faire avec et les dépasser à sa mesure. Et toutes ont pour source la peur de ne pas être aimé.

Notre cerveau n’aime pas l’inconfort, le changement d’habitudes et la prise de risque. Il tente de se faire entendre en créant du stress, de l’angoisse, en anticipant des scénarios catastrophes qui n’ont souvent pas lieu d’être au moment présent. C’est sa façon à lui de fonctionner.

Le corps lui nous indique la route à suivre. La peur mêlée à un sentiment d’excitation par exemple est pour moi, un bon indicateur. Quand je m’imagine réaliser telle chose et que cela m’effraie tout autant que cela m’excite, alors je sais que je dois y aller.

Si au contraire, la peur me crispe ou me disperse, je réfléchis à deux fois pour bien analyser si je dois faire cette chose ou pas. Mais d’une façon générale, se confronter à ses peurs est un bon moyen d’aller vers l’avant.

5/Aujourd’hui que fais-tu ? Peux-tu nous raconter ta nouvelle vie professionnelle ?

 

Aujourd’hui j’ai créé mon projet « condAnsé ». Il s’agit d’une plateforme regroupant diverses activités autour de la danse pour aider les femmes en particulier (parce que j’en suis une et que cela m’est donc plus facile de les comprendre) à aller vers elles-mêmes, à devenir leur priorité n°1, à ne plus être la dernière roue du carrosse, à se laisser une place d’honneur pour réaliser leurs désirs de vie les plus chers.

J’aime aussi travailler avec les enfants, car nos bambins sont les adultes de demain. Les aider à s’épanouir dès le plus jeune âge contribuera à faire d’eux des adultes bien dans leur peau, responsables et engagés.

Les écoles Montessori s’intéressent d’ailleurs au projet et l’idée d’œuvrer dans les écoles alternatives me conforte dans l’idée que le projet a du sens.

Enfin, j’aimerais aussi intervenir en entreprise afin de travailler sur la gestion du stress, la charge mentale. L’idée étant de proposer « une boite à outils » simple à utiliser pour apprendre à mieux gérer le travail au quotidien.

Je collabore également avec des ostéopathes et kinésithérapeutes pour affiner mon travail sur ce qui se passe dans notre corps quand nous sommes sous stress et quand nous devons faire face à des moments de rupture dans notre vie.

En résumé : cours, stages, consulting, séminaires, accompagnements, voici la « condAnsation » d’activités que je propose au sein de condAnsé, la danse en toile de fond pour tout ce qu’elle m’a apporté et m’apporte encore.

5/Comment se passe ton quotidien ?

 

Il y a certains jours où c’est rock’n’roll et d’autres où c’est plus calme. Les deux me vont très bien. J’ai encore tant à faire et à apprendre. Il y a aussi beaucoup de facteurs stressants que j’arrive à gérer en m’écoutant, en m’observant et bien-sûr en dansant.

Mais le sentiment général qui me réjouit chaque jour c’est la liberté de travailler comme je veux, où je veux et avec qui je veux ! Et cela a une vraie valeur ajoutée pour moi.

Pour te donner une idée de mes dernières semaines, je suis dans la phase rock’n’roll : je travaille sur la communication des deux cours que je suis en train de lancer pour février. Un cours dédié aux femmes qui se lancent dans un projet ou une reconversion (« Les matinales condAnsé »), et un autre cours construit pour danser en famille et passer du temps de qualité avec son enfant (« Family condAnsé »).

Ensuite, je travaille sur une collaboration avec une ostéopathe avec qui j’organiserai un week-end séminaire à La Rochelle au printemps prochain.

Je prépare une offre pour les entreprises que j’aimerais mettre en place rapidement, et si je me projette jusqu’en juillet/août, je pense organiser des stages cet été en organisant un petit tour de France !

Je m’applique à rester dans le plaisir et l’effervescence. C’est important pour moi, car cette énergie est motrice et porteuse. Et elle m’indique si oui ou non je suis sur le bon chemin. Je reste à l’écoute et quand je sens que je m’emballe un peu trop, je me calme. Je fais le point et prends le temps nécessaire pour me ressourcer.

6/ Zéro regret ?

 

Je confirme : 0 regret.

On n’a qu’une vie et elle est courte. Cette expérience a redonné un sens à ma vie professionnelle et elle me fait grandir personnellement chaque jour. On se pose tous un jour ou l’autre la fameuse question existentielle : Pourquoi suis-je là ? Quel est le but ou la finalité de ma vie ?

Et si c’était tout simplement pour faire de son mieux pour être épanoui et le plus heureux possible ?

Pour moi, il s’agit d’honorer sa vie en trouvant sa voie, en se réalisant, en évoluant au sein de relations saines et dans un environnement qui nous tire vers le haut.

 

7/Je termine sur : quelle est ta « wit devise », celle qui t’accompagne aujourd’hui dans ta vie ?

 

Ma wit devise serait : « ose, profite, aime et donne. »

Pour retrouver Laure et en savoir plus sur sa plateforme CondAnsé :

www.condanse.fr

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