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La reconversion professionnelle est-elle la solution à tous les maux rencontrés dans son travail ?

Non. Évidemment.

Pourtant, beaucoup de personnes considèrent que l’origine de leur ras-le-bol vient de leur métier et que la seule solution pour y remédier est de se reconvertir. Nous avons tous juré à un moment où notre travail nous mettait à bout de nerfs que nous allions changer de job pour ouvrir un café bistrot ou pour devenir créatrice de bijoux.

Ces paroles dites sous le coup de l’émotion sont tout à fait normales. Lorsque notre écosystème émotionnel est perturbé, notre cerveau limbique envoie via le système nerveux une alerte d’urgence au néocortex. Le néocortex traite ensuite les données que le cerveau limbique et le cerveau reptilien – qui agit de manière primitive et instinctive – lui auront envoyées.

Pour faire simple: l’émotion entraîne une pensée qui elle-même entraîne une action (passive ou active).

Même si la majorité des gens n’en fera rien et que ce processus ne restera qu’à l’état de pensée, certaines personnes passeront à l’action et décideront d’entamer des démarches (démission, rupture conventionnelle, formation…) pour changer de métier.

Prenons un exemple pour mieux comprendre. Imaginons que ça fait 5 mois que tu arrives au boulot avec la boule au ventre. Tu sais déjà que tu vas t’ennuyer et que la journée va être longue. L’ennui te procure une émotion de colère ou de tristesse. Cette émotion va faire apparaître dans ton cerveau des petites bulles de pensées du genre « Finalement, ce métier n’est pas comme je me l’étais imaginé ».

Cette pensée va alors se propager comme un nuage jusqu’à embrumer ton esprit.  Au bout du compte, tu vas te persuader que tu n’aimes pas du tout ton métier et que ta seule issue est de te reconvertir.

Prendre le recul pour se détacher de ses émotions et analyser avec objectivité et justesse l’origine de son mal-être au travail n’est pas simple.

C’est pourquoi, se tourner vers un professionnel pour faire le point sur sa situation, ses émotions et ses désirs peut-être nécessaire. Même si tu es convaincue qu’il n’y a pas de doutes et que tu prends la bonne décision.

L’impatience et le phénomène de mode de la reconversion influencent nos choix

 

Depuis que j’ai commencé mon activité, j’ai pu échanger avec des femmes qui étaient certaines de vouloir se reconvertir.  Elles sont pressées de trouver un autre projet. Or, en procédant de la sorte, elles prennent le risque de se tromper. Simplement parce qu’elles n’ont pas pris le temps de comprendre leurs émotions et de se poser les bonnes questions.

Voilà pourquoi, la première chose que je fais lorsque je démarre un accompagnement à la reconversion, c’est de m’assurer que c’est bien ce que souhaite ma cliente.

Que tu aies envie de te reconvertir ou non, l’objectif final est le même : tu veux avoir un job qui te donne envie de te lever le matin et qui te correspond.

Alors, en fonction de la réponse de ma cliente, j’adapterai l’accompagnement pour l’aider à atteindre son objectif.

De plus, la reconversion est un phénomène de plus en plus présent. Ce mouvement est impulsé par la génération Y et amplifié par les médias qui ne cessent de rendre sexy la reconversion en mettant en tête d’affiche des portraits de jeunes trentenaires/quarantenaires qui ont plaqué leur CDI de cadre sup pour ouvrir un magasin de légumes bio et qui sont extrêmement épanouis.

Certains salariés s’identifient à ces personnes parce qu’ils occupent le même poste ou bien parce qu’ils se reconnaissent dans leur récit. Ces salariés font alors une projection et un transfert en pensant que la solution doit être la même pour eux.

Alors que non.

Ce qui a marché pour une personne ne marchera pas nécessairement pour toi ou ne te conviendra pas !

Sans compter qu’à cela s’ajoute le boom de l’entrepreneuriat et du freelancing. La cote du salariat chute à vitesse grand V depuis quelque temps.

Alors, comment procéder pour être le plus objectif possible et ne pas être influencé par ses émotions ou ces phénomènes de mode ?

Pour t’aider, je te propose de faire d’abord le point pour trouver l’origine de ton problème, puis je te proposerai un petit tour d’horizon des options que tu disposes pour améliorer ton quotidien au travail sans pour autant passer par la case reconversion.

Analyser ses émotions et trouver l’origine du problème

La première chose à faire est d’être à l’écoute de tes propres émotions (pour aller plus loin sur les émotions, le livre Emotional intelligence 2.0 est excellent !). En principe, si tu ressens un mal-être dans ton travail, c’est que soit tu es en colère, soit tu es triste.

 

Le symptôme physique

Pour commencer, demande-toi de quelle façon se manifeste ton émotion. Est-ce que tu as l’estomac noué, est-ce que tu as les épaules contractées, la gorge nouée, la tête qui chauffe ? Une fois que tu auras identifié cette zone, tu auras mis le doigt sur le symptôme physique.

Une fois le symptôme physique posé, tu dois déterminer les sentiments qui se cachent derrière : de l’ennui ? De la déception ? Le sentiment d’être incomprise ?

Tu vas devoir te mettre dans la peau d’un médecin pour trouver ce qui provoque ce symptôme. Pour trouver l’origine de ton ras-le-bol. Pour cela, il n’y a pas trente-six solutions. Tu dois te poser des questions comme le ferait un médecin pour émettre son diagnostic.

 

Les questions à se poser

Pour t’aider, voici une liste de questions :

  • Qu’est-ce qui dans ma journée vient susciter en moi de la colère ou de la tristesse ? Va dans le détail et décortique ta journée. Est-ce tes collègues ? Un client en particulier ? La tâche en elle-même ? Le reporting ? Les horaires de travail ?
  • Qu’est-ce qui m’a poussée à postuler à ce poste ?
  • Est-ce qu’à mes débuts, je me sentais bien et j’aimais ce que je faisais ? Et quels événements ou succession d’événements ont fait que les choses ont changé et que je me sens aujourd’hui mal dans mon job ?
  • Est-ce que dans ma vie personnelle, j’ai vécu un événement qui aurait pu jouer sur mon état général ?

Pour aller plus loin dans ce questionnement, je t’invite à lire mon article Comment savoir si j’ai vraiment envie de changer de job ?

En suivant ces étapes, tu vas peu à peu affiner ton diagnostic jusqu’au moment où tu trouveras l’origine de ton problème. Ce n’est qu’en identifiant l’origine de ton problème que tu pourras chercher et trouver la solution la plus adéquate ! Et ce n’est pas forcément la reconversion !

Un petit changement suffit pour retrouver le sourire au travail

En n’agissant pas à chaud et en déterminant l’origine du problème, tu es peut-être arrivée à la conclusion que tu aimes ton métier. Ce n’est donc pas d’une reconversion qu’il te faut et c’est plutôt une bonne nouvelle pour toi !

Ce qu’il te faut c’est un changement moins important comme :

  • Faire le point avec ton N+1 ou ton équipe sur tes missions et la répartition des tâches ou encore sur la vision de ton service
  • T’engager sur une mission au sein de ton entreprise qui te challengera et t’inspirera
  • Postuler dans une autre structure : rejoindre une start-up ou un grand groupe en fonction de tes aspirations, de tes valeurs et de tes besoins
  • Rejoindre une entreprise avec des conditions de travail qui te correspondront
  • Solliciter une journée de télétravail par semaine
  • Planifier 1h par semaine pour faire une activité qui te passionne ou pour te reposer
  • Développer un projet intrapreneur …

Les possibilités sont variées. Si tu es concernée par plusieurs changements, je te suggère de les prioriser. Mets en tête de liste le changement qui est le plus simple et rapide à mettre en place et qui te permet d’avancer vers ton objectif final : retrouver le sourire en travaillant.

Enfin, prends note de ce que cela change chez toi, dans ton quotidien. Te sens-tu plus détendue ? Plus légère ? Plus heureuse ? Prête attention à ce que tu ressens. Comme une boucle, on revient à la case émotion !

Conclusion

Changer de métier n’est pas toujours la solution adaptée lorsque l’on en a marre de son job. Parfois influencés par un phénomène «de mode », ton impatience et tes émotions, il est important que tu prennes le temps de trouver l’origine du problème que tu vis.

Tu constateras alors que la bonne solution n’est pas toujours de changer de métier !

 

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