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Je donne, je donne, je donne, mais je n’ai aucun retour. Pas de remerciements, pas de félicitations !

Tu t’investis beaucoup pour ton entreprise ? Tu dis toujours oui à chaque demande de ton boss dans l’espoir d’être bien vue, d’être appréciée, aimée et félicitée ?

Tes limites ?

Quelles limites ?

Et oui, les limites, tu n’en as pas. Dans ton travail, ton principal objectif c’est de faire plaisir et de recevoir en retour des marques de reconnaissance et d’amour de la part de tes collègues ou de ton N+1. Et pour ça, tu es prête à t’oublier.

Finalement, tu joues un rôle. Le rôle de la salariée qui ne dit jamais non et qui s’exécute. Mais en retour, tu attends quelque chose. Tu attends que ton supérieur te félicite. Qu’il te répète que tu fais du bon travail, que tu es un bon élément dans le service. Un élément indispensable.

Peut-être même que ton entreprise rajoute une couche. Elle entretient cette dépendance en abusant de signes de reconnaissance pour qu’en retour tu donnes encore plus de ta personne. Ou alors, elle te fait croire que tu ne trouveras jamais mieux ailleurs. C’est l’effet boomerang.

Mais si tu es entrepreneur, ne crois pas que tu échappes à ce symptôme ! Dans ta situation, tu es dépendante affective de tes clients. Dites-moi que j’ai fait du bon boulot !

Cette quête de la reconnaissance continue porte le nom de dépendance affective au travail. Cette dépendance affective se transforme en obstacle si tu souhaites changer de job pour deux raisons :

D’un côté, tu risques de ne jamais quitter ton poste parce que ton besoin d’approbation et de reconnaissance des autres a pris le dessus sur ton envie de changer de job. Et d’un autre côté, tu risques de transférer le problème ailleurs et de ne jamais connaitre l’épanouissement au travail, quel qu’il soit.

Mais alors, comment savoir si tu souffres de dépendance affective au travail, quelles en sont les conséquences et comment faire pour arriver à t’en libérer ?

Les signes de la dépendance affective au travail

Un besoin de reconnaissance et d’affection récurrent

Ce n’est pas si simple de déterminer si l’on souffre ou non de dépendance affective. Nous avons tous besoin d’être reconnus, de savoir que notre travail est bien fait. Les feedbacks sont nécessaires pour entretenir et développer la motivation de ses collaborateurs et pour atteindre les objectifs fixés par l’entreprise.

Si ces besoins sont normaux, à quel moment dois-tu considérer qu’ils ne le sont plus ?

Lorsque ces besoins deviennent récurrents, voire obsessionnels. Si à chaque tâche que tu accomplis, tu attends un retour de ton client, de ton collègue ou de ton boss, tu deviens dépendante affective.

Lorsque tu acceptes chaque demande uniquement pour faire plaisir dans l’espoir d’être récompensée d’une marque d’affection ou un compliment, tu deviens dépendante affective.

Si ton besoin de reconnaissance et d’affection entre en conflit avec d’autres besoins vitaux comme le repos, tu deviens dépendante affective.

Ou encore, si tu ne sais pas prendre de décision et d’initiative parce que tu estimes que tu n’as pas les épaules pour porter ce projet et que tu préfères t’aligner à l’avis de ton collègue pour ne pas le froisser, tu deviens dépendante affective.

En bref, dès lors que ton épanouissement professionnel dépend du regard des autres et de ton besoin de reconnaissance, tu souffres de ce symptôme.

 

J’ai souffert de dépendance affective

Pendant 3 ans, je n’osais pas aller contre l’avis de ma responsable parce que je cherchais avant tout à lui plaire. Mon comportement et mes actions allaient souvent à l’encontre de mes valeurs.

À titre d’exemple, deux de mes valeurs sont l’honnêteté et la liberté. Je veux être libre d’exprimer ce que j’ai sur le cœur. Également, j’attends des autres qu’ils soient honnêtes dans leurs paroles et dans leurs actes parce que je prétends l’être. Or, en n’osant pas dire à ma responsable que je n’étais pas d’accord avec sa vision du service ou avec sa manière de traiter le problème avec un salarié, je ne respectais pas mes deux valeurs.

Je n’étais pas authentique, pas intègre parce que je n’accordais que peu de valeur à qui je suis et à mes émotions.

À mes yeux, elle savait mieux que moi. Je devais aller dans son sens et m’exécuter dans l’attente de recevoir en retour un maigre retour qui satisferait mon besoin de reconnaissance.

Quand ce besoin n’est pas satisfait et bien il cherche à se satisfaire tout seul. Ainsi, tu vas par exemple te positionner en victime « j’ai fait ça pour toi et je n’ai rien eu en retour ».

Cette situation engendre un sentiment de mal-être. Tu te replies sur toi-même, tu penses que tu n’es pas digne d’être aimée ou encore que tu n’es bonne à rien. Tu penses que tu n’es pas si compétente que ça.

Les conséquences d’une dépendance affective

Un état émotionnel négatif causé par une faible estime de soi

Les conséquences peuvent être graves. La dépendance affective te plonge dans un profond état émotionnel négatif. Tu vois tout en noir jusqu’à te convaincre que ça ne sert à rien de te reconvertir puisque de toute façon tu es nulle et que personne ne t’engagera.

Ce qui est à l’origine de ta dépendance ?

Ton manque d’estime personnelle et ton manque de confiance en toi. Tu ne t’aimes pas, tu de dévalorises (syndrome de l’imposteur) et tu penses que les autres sont mieux que toi. Tu n’as probablement pas suffisamment été valorisée durant ton enfance et aujourd’hui tu recherches cette affection et cette reconnaissance dans ton travail.

 

Un besoin de reconnaissance pouvant être entretenu par l’entreprise

« L’effet boomerang » peut aussi se produire comme je l’explique en introduction. En effet, dans certaines situations le manager, le responsable, le personnel de direction peut entretenir consciemment ou non cette dépendance affective. C’est un peu comme un « shoot » de reconnaissance. Comme une drogue. On en veut toujours plus et ça, le responsable l’a bien compris et il en abuse.

De quelle manière ?

En te faisant remarquer ô combien tu es géniale. Plus il te le dit, plus tu perçois l’effort et les sacrifices que tu fais comme normaux. Finalement, tu finis par tomber dans ton propre piège et la dépendance est accentuée. C’est un cercle vicieux : tu cherches à être encore plus reconnaissante auprès de ton responsable parce que précisément il te témoigne sa reconnaissance au quotidien.

Certaines entreprises ont bien compris l’intérêt d’user de techniques de reconnaissance et d’affection. De l’extérieur, le paquet cadeau est attrayant. Elles revendiquent des valeurs d’humilité, d’entraide, de cohésion et font entrer dans la tête des salariés qu’ils sont chanceux d’être dans cette boite. Ils devraient être reconnaissants de travailler ici !

Peut-être que c’est ce que tu vis. Ton N+1 t’alerte sur la difficulté de trouver un emploi ailleurs. Il crache sur les mauvaises conditions de travail du concurrent. Non vraiment crois-moi tu as de la chance d’être ici !

Mais on s’en fou puisque ce que tu veux, c’est changer de job !

Si tu souffres d’une faible estime de toi-même et d’un manque de confiance en toi, alors tu vas croire à ce discours et tu vas faire taire ton envie de changer de job.

Mais alors, comment se libérer de cette dépendance affective ?

Travailler son manque d’estime personnelle pour se libérer du syndrome de dépendance affective au travail

Si tu cherches en permanence une marque d’affection ou de reconnaissance dans ton travail, alors tu dois concentrer tes efforts pour booster ton estime personnelle.

Commence par identifier ce que tu veux vraiment. Veux-tu t’affirmer ? Etre intègre et authentique ? Agir en accord avec ton envie de reconversion ?

Comment peux-tu faire pour améliorer ton estime personnelle de manière à ne plus être dépendante affective dans ton travail ? Pour t’aider, pense à une personne que tu connais et qui a une bonne estime d’elle-même, quels que soient ses échecs et ses défauts ? Sur quels critères se base cette personne pour entretenir une bonne estime d’elle-même ?

Ensuite, évalue ton rapport aux autres et fais preuve d’affirmation ! Pour cela, exprime tes ressentis, tes émotions, tes envies et donne ton opinion même si elle va à l’encontre de ton N+1. Teste et réitère l’expérience.

Il n’y a que dans l’action que tu pourras gagner en estime !

 

Enfin, modifie ton schéma de pensées en te répétant chaque jour que tu es quelqu’un digne d’être aimée et que tu as le droit à l’erreur. Un bon moyen d’ancrer ses pensées et de les coucher sur le papier !

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