Temps de lecture: 6 minutes

Selon la dernière étude publiée par Malt, la plateforme de mise en relation entre freelances et entreprises, 50 000 personnes deviendraient freelances en France chaque année. Entre 2008 et 2018, ce mode de travail a connu un véritable boom avec +145% de freelances en dix ans.

Dans un précédent article, j’évoquais les raisons qui motivent les actifs à choisir le freelancing. En tête, nous retrouvons un besoin croissant de liberté et d’autonomie. Le modèle du salariat classique entre salarié et employeur ne répond pas à cette quête de liberté et d’autonomie.

Également, la recherche d’un meilleur équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est une autre raison. Malgré quelques avancées comme la réforme sur le télétravail, l’entreprise fonctionne sur une culture du présentéisme et n’offre que peu de liberté dans l’organisation de son emploi du temps.

Les médias ont joué un rôle dans l’expansion du freelancing. Ils mettent à l’honneur des portraits d’ex-salariés qui ont quitté leurs jobs et ont choisi de devenir freelances. Tu vois de quoi je parle ?

Je pense à cette jeune femme trentenaire qui occupait un poste à responsabilité dans le secteur de la mode et qui un beau jour a décidé de tout plaquer parce qu’elle s’est rendu compte que son travail lui pompait toute son énergie. Aujourd’hui, elle confectionne ses propres créations et roucoule des jours heureux depuis qu’elle a choisi de travailler en freelance.

Séduisant, n’est-ce pas ?

Oui, mais pas pour tout le monde. Le freelance est un entrepreneur. Pour être encore pls précise, un solopreneur. C’est un mode de travail principalement répandu auprès des profils ayant des compétences en marketing, en développement web, en communication digitale, etc…

Le freelance met ses compétences à disposition de ses clients et n’a pas de fonds de commerce. Il travaille de chez lui, d’un espace de coworking, chez le client ou encore de la terrasse d’un café. C’est en cela qu’il se différencie des autres entrepreneurs : pas de salariés et pas de local.

À ce stade de la lecture, tu dois avoir une idée plus précise de si le freelancing peut te correspondre. Mais, ça reste encore flou, n’est-ce pas ? C’est normal.

Je vais te donner un coup de pouce en détaillant les 4 points à vérifier pour savoir si tu es faite pour travailler en freelance.

Point 1 : Ai-je besoin de sécurité financière pour me sentir épanouie dans mon travail ?

Repartons de zéro. Si tu es une fervente lectrice de mes articles, tu sais que c’est indispensable de s’attarder sur ses besoins. Il n’y a rien de bien compliqué. Les personnes qui sont malheureuses dans leurs jobs sont des personnes dont les besoins ne sont pas satisfaits. Et lorsque nos besoins ne sont pas satisfaits, cela génère des émotions négatives, une baisse de la confiance en soi et de la motivation.

Être en freelance, c’est devoir composer avec l’incertitude financière. Du moins au début. En démarrant une activité freelance, on expérimente, on teste nos prestations. On cherche à tout prix à se faire la main et se faire connaitre pour assoir sa légitimité.

Un freelance ne bénéficie pas des avantages du salariat. Il ne cotise pas pour avoir droit au chômage, il n’a pas les mêmes droits de sécurité sociale, il n’a pas la garantie d’avoir un salaire fixe mensuel.

Si le fait de ne pas avoir de visibilité sur ce qui va tomber sur ton compte en banque te donne des angoisses, alors il va falloir trouver des solutions. Tu peux anticiper et établir un modèle économique. Avoir un plan de secours en sollicitant tes droits aux allocations chômage le temps de développer ton business – ce qui implique de remplir les conditions.

Ou encore, slasher ton activité freelance avec un job salarié à temps partiel pour combler ton besoin de sécurité financière.

Ces solutions peuvent pallier à la crainte liée à l’incertitude financière. Quoi qu’il en soit, il n’y a que toi qui peux savoir si l’une de ces solutions suffira pour calmer ta crainte.

Point n°2 : la solitude du freelance

Je crois qu’il existe autant de façons de travailler que de freelances. Certains comme moi se sentiront dans leur élément en travaillant au calme et dans la solitude. D’autres trouveront la concentration et la motivation au milieu des chuchotements d’autres individus, du bruit des doigts qui tapotent sur le clavier de l’ordinateur ou des odeurs de café.

Mais c’est un fait, un freelance travaille seul. Il n’a pas d’équipe, de collègues de travail, de manager qui vérifie son travail comme on peut en avoir en étant en entreprise.

Tu dois donc te questionner : est-ce que travailler seule me convient ? Si tu as un profil à dominante introvertie et que tu aimes la solitude, alors tu devrais te sentir comme un poisson dans l’eau !

Aussi, le freelance est seul face à lui-même. Il doit donc faire preuve d’une grande responsabilité et d’organisation pour faire tourner son business. Il faut donc que tu sois motivée, organisée et responsable parce que c’est toi l’unique ressource de ton activité.

Pour autant, ce n’est pas parce que tu travailles seule que tu es recluse dans une grotte ! Même les introvertis ont besoin de voir du monde et de nouer des relations ! Être freelance ne rime pas avec asocial. Tu peux et tu dois communiquer le plus possible. Pour cela, tu peux rejoindre une communauté de freelances, trouver du soutien et de l’inspiration auprès d’autres entrepreneurs, intégrer un espace de coworking.

Les profils au tempérament extraverti ont un besoin vital d’être en interactions avec d’autres gens et dans un environnement dynamique pour se sentir stimulés. Si tu es dans ce cas, tu dois porter une attention toute particulière à ton environnement de travail en créant un espace qui te permettra d’être le moins de temps possible seule.

Point n°3 : Quels sont mes points forts ?

Chacun d’entre nous a des points forts. Dans le point précédent, j’ai parlé d’organisation, de capacité à travailler seule, d’être responsable pour travailler en freelance. Ce sont des compétences indispensables à avoir pour réussir.

Cependant, d’autres points forts te seront utiles. Devenir freelance, c’est être multi tâches. Tu n’es plus juste rédactrice web ou conseillère immobilier. Tu es chef d’entreprise. Et en tant que freelance, tu dois te charger de l’administratif, de ta propre communication, de ta stratégie, de tes comptes.

Si tu as des facilités pour te connecter aux gens, parler en public et développer un réseau, ton charisme et ton aisance relationnelle te serviront pour te faire connaitre.

Autre exemple, si tu es une personne empathique qui ressent les émotions des autres, tu rends une image rassurante. Les gens te font confiance et se livrent à toi, ce qui peut s’avérer être un précieux atout pour comprendre le besoin de ton prospect et en faire ton client.

Aussi, imaginons que tu sois créative. Tu trouves des idées facilement pour sortir d’une situation problématique. C’est une compétence utile pour établir ta stratégie de communication.

Je suis convaincue qu’il vaut mieux se concentrer sur ses points forts plutôt que de perdre son énergie à combler ses points faibles. Ête excellent en tout est impossible. Pour être freelance, j’ai appris qu’il faut savoir demander de l’aide quand c’est nécessaire.

Point n°4 : Relativiser et envisager le freelancing comme une expérience

Il m’a fallu quasiment un an pour comprendre et accepter ce point. En devenant freelance, tu es avant tout une entrepreneure. Choisir ce statut implique de passer par des phases de haut et de bas. Ce n’est pas linéaire. Le quotidien ressemble aux montagnes russes. Tu doutes, tu déprimes, puis ensuite tu retrouves motivation et productivité.

Certaines semaines tu n’avanceras pas et dans d’autres tu exploseras tes objectifs. On challenge en permanence son niveau d’exigence. Il faut savoir décrocher de son boulot et accepter que l’on ne puisse pas assurer tout le temps pour ne pas devenir esclave de son propre business. Si tu choisis ce mode de travail pour gagner en liberté et avoir un meilleur équilibre de vie, il ne faut pas perdre de vue ces raisons.

Travailler en freelance demande de faire un travail sur soi quotidiennement pour maintenir une bonne confiance en soi et relativiser. Sans cela, l’aventure peut devenir difficile sur le plan émotionnel.

Aussi, il faut travailler son rapport à l’échec. L’important est de voir le freelancing comme une expérience. Une expérience que tu pourras valoriser à l’avenir.

En conclusion

Être freelance peut sembler séduisant et être la solution à un besoin de liberté et d’équilibre de vie. Mais tout le monde n’est pas fait pour travailler en freelance. À toi maintenant de t’évaluer sur ces 4 points !

Et si tu allais plus loin dès maintenant ? Inscris-toi à ma newsletter et reçois chaque mardi matin mon dernier article avec un exercice d’auto-coaching pour t’aider à te mettre en mouvement et une problématique décortiquée qui s’inspire de ma propre expérience de la reconversion ou de celle d’une autre femme : hop, je m’inscris !

Facebook Comments