Temps de lecture: 6 minutes
Tu as des idées de métier, mais tu n’arrives pas à les clarifier et à faire un choix. En fait, parler « d’idées de métier » est peut-être même un peu trop précis. La vérité, c’est que tu es dans le flou. Beaucoup de pistes, mais rien qui n’avance. Tu stagnes et ça commence à t’agacer. Peut-être même que tu désespères de trouver le job qui te donneras les fameuses étoiles dans les yeux. Rassure-toi, c’est normal !

Pour trouver un projet professionnel qui soit suffisamment motivant pour te donner l’envie de te lever le matin, il faut rêver. Le rêve est une étape indispensable du processus de reconversion. Dans cette phase où tu es en train d’explorer des idées, tu ne dois pas te mettre des barrières.

Pourquoi ?

Parce que si tu mets des barrières trop tôt, tu risques de passer à côté du projet qui est fait pour toi. Mais comme tu l’imagines, à un moment donné il faut savoir remettre les pieds sur terre.

Revenir à du concret pour transformer ses idées en un ou plusieurs projets motivants, mais aussi réalisables.

C’est là que vient le temps de réfléchir à ses limites.

Tout ça semble logique, mais concrètement qu’est-ce qu’on entend par « limites » ? C’est un peu un mot « fourre-tout », n’est-ce pas ?

Tu te demandes bien de quelles limites je parle ? Tu ne vois pas bien où je veux en venir ? Est-ce en rapport à tes compétences, à tes capacités ? Oui, mais pas seulement.

Avant de te donner trois raisons pour lesquelles tu dois te fixer des limites, faisons un tour d’horizon sur ce qui se cache derrière ce terme « limites ».

Les limites imposées et les limites choisies

Je ne vais t’apporter aucune valeur en te disant qu’une limite c’est comme une frontière. Mais la frontière entre quoi et quoi ?

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Quand je réfléchissais à mes propres limites ou lorsque j’ai repris mon carnet de notes qui recense les traces de mes échanges avec des femmes qui veulent se reconvertir, une chose m’a sautée aux yeux. Les limites doivent être classées en deux catégories : les limites imposées et les limites choisies.

 

Les limites imposées

Les limites imposées renvoient à notre capacité à pouvoir faire. Elles sont étroitement liées aux notions de « devoir » ou de « droit » qui peuvent être d’ordre légal ou moral.

Dans notre cas, je fais référence ici à nos capacités et compétences, mais aussi à nos contraintes.

Ai-je les capacités intellectuelles pour suivre des études de médecine ? Ai-je les compétences pour postuler à cet emploi de chargé de recrutement ? Ou encore ai-je les capacités physiques pour occuper un poste de kinésithérapeute ?

Tu dois te questionner sur tes compétences et capacités physiques, intellectuelles, relationnelles et émotionnelles. Même si tu es passionnée par le métier de psychologue, il se peut que tu ne sois émotionnellement pas capable d’accompagner des enfants parce que tu es une véritable éponge.

Certaines capacités ne pourront jamais évoluer. Je fais référence par exemple à une personne qui ne pourra plus jamais remarcher.

Mais attention toutefois à ne pas te dévaloriser plus que de raison !

Des tas de compétences peuvent s’acquérir et se développer.

Pour ne pas te fixer des limites qui n’en sont pas vraiment, tu dois te demander si c’est ton manque de confiance en toi qui en est à l’origine. Si c’est le cas, je t’invite à travailler ta confiance en toi avant de dresser la liste de tes limites imposées.

Ensuite, il y a les contraintes familiales, personnelles, géographiques. J’en parle même si les contraintes se réduisent. Internet, la diversité des transports et des aides font que ce qui était autrefois une contrainte ne l’est plus.

Par exemple, si tu dois prendre soin de ta maman malade, tu peux bénéficier d’une aide. Si en revanche, tu préfères t’en occuper toi-même, c’est une limite qui n’est pas imposée, mais que tu as choisie.

 

Les limites choisies

Les limites choisies sont donc toutes celles que tu décides volontairement de t’imposer. Leur champ est aussi large que possible ! Tu peux par exemple choisir de t’imposer une limite géographique : je refuse de déménager et d’avoir plus d’une heure de route pour aller au travail.

Au final, ce sont toutes les limites que tu vas décider de fixer pour préserver ton bien-être, ta santé et ton écosystème familial, social et personnel.

Mais à part ça, quel est l’intérêt de se fixer des limites quand on veut changer de métier ? Voyons ça tout de suite !

Raison 1 : Le job de rêves n’existe pas !

Arrêtons avec cette idée. Le job de rêves, celui qui coche tous tes critères n’existe pas ! Nous vivons dans le monde réel, pas dans un conte de Disney. Mais je ne vais pas te blâmer d’y avoir cru, parce que moi aussi j’y ai cru !

En même temps, ce n’est pas ce que l’on cherche à nous faire croire ? Les médias et les réseaux sociaux mettent toujours à l’honneur des portraits de gens qui se sont reconvertis et à qui tout réussit. À les écouter, ils voient la vie en rose et vivent au pays des merveilles.

Mais ça, c’est ce qu’on nous montre pour nous encourager à passer à l’action. Alors, oui je le répète c’est nécessaire de rêver, mais attention à ce que tu lis. Les gens ont la fâcheuse tendance à ne montrer que les bons côtés des choses.

Tout job a sa zone d’ombre. C’est impossible d’avoir tous les critères au vert. Et ça ne va pas t’empêcher pour autant d’être heureuse dans ton job et d’être motivée pour aller bosser !

Le risque si tu crois au job de rêves, c’est que tu sois à bout de souffle et que tu n’arrives jamais à choisir un métier. C’est là que faire la liste de tes limites prend tout son sens. Tes limites vont te faire redescendre les pieds sur terre !

Raison 2 : Savoir à quoi tu vas dire non dans ton futur job

Un autre intérêt à fixer ses limites, c’est qu’on peut travailler son affirmation de soi. Savoir dire non dans ton futur job ce n’est pas de la condescendance ou de l’arrogance, mais plutôt une preuve que tu es au clair avec qui tu es.

Questionne-toi sur tes limites par rapport aux conditions de travail. Est-ce que tu refuses de travailler dans un open-space ? Si tu acceptes, est-ce à la condition de pouvoir faire du télétravail ?

Concernant le droit à la déconnexion, quelle est la politique de la boîte ? Parce que l’une de tes limites peut être de refuser de répondre à un mail une fois que tu as quitté le boulot !

Et pour les horaires de travail, quelles sont tes limites ? Est-ce que tu ne vois pas de problème à travailler le week-end ? À commencer tôt le matin ? As-tu besoin de flexibilité ?

Ensuite, interroge tes limites sur les valeurs et la politique de la boite. Est-ce qu’il est important pour toi que l’entreprise pour laquelle tu travailles partage des valeurs communes aux tiennes ? Qu’est-ce qui est rédhibitoire ?

Et tes rapports au travail : Est-ce que tu ne veux pas travailler en équipe ?

Enfin, je t’invite aussi à te questionner sur les missions. Sans entrer dans le détail, tu as des appétences et des préférences pour certaines tâches. Par exemple, je déteste le reporting. Rejoindre une boîte avec une culture poussée du reporting pour tout et rien, ce n’est pas envisageable !

Une fois que tu as fait ce travail, c’est le moment de faire une hiérarchie de tes limites choisies. Toutes ne pourront pas être respectées. Tu dois donc garder les trois plus importantes. Celles pour lesquelles tu refuses catégoriquement de transiger !

Raison 3 : Pour ne pas te tromper de projet de reconversion

Imagine un peu à quoi ressemblerait ton quotidien si tu choisissais une voie impossible à atteindre ou qui ne serait pas raccord avec tes contraintes et ce que tu ne veux plus ?

Je pense qu’on est d’accord pour dire que tu ne ferais pas long feu avant d’exploser et de regretter ton choix.

Choisir un poste qui est aligné avec qui tu es et ce qui est le plus important pour toi, c’est donc bien mieux !

Les limites, c’est la frontière que tu refuses de franchir. En les identifiant, tu te préserves et tu réduis les idées de métier que tu avais. Tu élimines celles qui ne respectent pas tes limites et tes besoins essentiels.

Et en procédant de cette façon, il ne restera plus que les idées de métier qui te motiveront et te rendront heureuse !

En conclusion

Ne passe pas à côté de cette étape ! Prends le temps de bien identifier les limites que tu choisis de t’imposer. En faisant ce travail, tu multiplies les chances de réussir ta reconversion !

Et si tu allais plus loin dès maintenant ? Inscris-toi à ma newsletter et reçois chaque mardi matin mon dernier article avec un exercice d’auto-coaching pour t’aider à te mettre en mouvement et une problématique décortiquée qui s’inspire de ma propre expérience de la reconversion ou de celle d’une autre femme : hop, je m’inscris !

Facebook Comments