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En prenant la décision de changer de métier, la question de la formation se pose inévitablement. Formation courte ? Validation des acquis et de l’expérience (VAE) ? Reprise d’études longues ? Concours ?

Si le métier que tu as exercé jusque-là n’est pas trop éloigné du métier dans lequel tu as choisi de te reconvertir, la problématique de la formation est simple.

Je pense par exemple à une juriste en droit social qui veut s’orienter vers un métier de responsable RH. Elle peut faire valoir son expérience de la fonction RH en mettant en valeur les projets RH sur lesquels elle est intervenue en plus de ses connaissances pointues en droit du travail.

Ou bien, elle peut suivre un cursus de Master RH en un an ou deux ans.

En revanche, quand tu opères un virage professionnel à 180°C, la question de la formation pèse plus lourd dans la balance.

Imaginons que tu sois ingénieur informatique et que tu souhaites devenir pâtissier ou ostéopathe. Ce sont des univers professionnels complètement différents !

Pour les professions réglementées comme avocat, médecin ou psychologue, tu sais que tu n’as pas le choix. Dans ces cas, l’étape de la formation va être longue.

La transition professionnelle va durer des années. Il faut donc être consciente du temps et des sacrifices que cela implique, s’armer de patience et être au clair avec le pourquoi tu as fait ce choix.

Je ne traiterai pas des professions réglementées dans mon article puisque la question de la formation ne se pose pas : c’est un prérequis pour pouvoir exercer le métier.

Mais pour les autres professions « non réglementées », qu’en est-il ? L’exemple qui me vient en tête est celui d’une responsable de bijouterie qui veut devenir décoratrice d’intérieur. Autre exemple, celui d’une vétérinaire qui veut devenir agent immobilier.

Dois-tu nécessairement repasser par des études longues ? La réponse est teintée de nuances et diverge selon les personnes.

Surtout, tu ne dois pas prendre de décision à la hâte. Il faut prendre son temps et balayer tous les paramètres (liés à ta personnalité, ton environnement, mais aussi le marché de l’emploi) pour prendre la bonne décision pour toi !

La question à se poser : pour quelles raisons reprendre des études ?

Pour répondre à cette question, tu vas devoir prendre en compte deux paramètres :

  • Un paramètre interne: ai-je la motivation pour reprendre des études longues, courtes ? Ai-je les ressources pour me former toute seule et apprendre sur le tas ? Est-ce que j’ai suffisamment confiance en moi pour y arriver ? Est-ce que la reprise d’études est compatible avec mes contraintes familiales et si non, comment faire ?
  • Un paramètre externe: comment se porte la tendance du marché de l’emploi dans mon secteur géographique et dans ce domaine d’activité ? La concurrence est-elle rude ? Salariat ou entrepreneuriat ?

 

Le paramètre interne

Qu’est-ce qui te motive à reprendre des études ? C’est une question indispensable à se poser. Pourtant, beaucoup de personnes ne prennent pas le temps d’y réfléchir parce qu’elles ont grandi dans une société qui met le diplôme sur un piédestal.

En France, le diplôme est vu comme le passe-droit pour être légitime à exercer le métier. Mais si l’on s’y intéresse de plus près, quelle est la valeur du diplôme ?

Est-ce qu’il garantit à coup sûr d’être recruté et d’être compétent ?

Non, bien entendu ! Aucune garantie derrière.

De plus, l’accès à l’information et aux connaissances n’a jamais été aussi facile. Tu peux trouver des ressources dans les livres, les vidéos, les livres blancs, les moocs pour te former gratuitement ou à moindre coût et en quelques mois.

Alors, comment savoir le choix qui est approprié à ta situation ?

En te posant les bonnes questions et en ayant un esprit critique.

Qu’est-ce que ça va t’apporter de reprendre des études classiques type DUT, licence ou Master ? Quels sont les avantages et les inconvénients ? Quelles opportunités ça peut t’apporter par rapport aux contraintes liées à une reprise d’études ?

As-tu vraiment besoin de reprendre des études ? Penses-tu qu’une formation à distance ou une formation courte peut suffire ? Quel est le chemin le plus court et le plus simple pour arriver à ton objectif ?

Se poser ces questions à un autre intérêt : te permettre d’évaluer ta confiance en toi. Avoir confiance en soi c’est penser que l’on est capable d’agir de manière appropriée dans les situations difficiles. C’est donc être conscient de ses ressources et de ses limites pour faire face aux difficultés.

Si tu décides de reprendre des études longues parce que tu as peur de ne pas être légitime et donc de ne pas être compétente, assure-toi que tes peurs sont rationnelles et justifiées.

Le besoin d’être légitime peut tout à fait être une bonne raison de reprendre des études longues à partir du moment où tu as évalué la situation de manière objective et que tu es arrivée à la conclusion que le diplôme te donnera des bases solides et te permettra d’être plus sûre de toi.

 

Le paramètre externe

Comment se porte le marché de l’emploi et du travail dans ton secteur d’activité ? Est-ce que tu as relevé que l’offre est plus importante que la demande ? La concurrence est-elle rude dans ta région ?

Je ne suis pas une fan des données chiffrées. Si j’avais basé ma décision de me lancer dans le coaching sur les chiffres, je ne me serais pas jetée à l’eau. Ma principale motivation était que j’avais envie de découvrir et d’explorer ce métier parce qu’au fond de moi, je sentais que c’est ce qui me correspond.

J’avais conscience que la concurrence était rude et que peu de coachs vivent de leur activité. J’ai mesuré le pour et le contre.

J’avais la motivation et l’envie de me donner cette chance, c’est certain. Toutefois, je ne me sentais pas capable ni prête de me lancer dans l’accompagnement à la reconversion sans avoir au préalable une formation solide.

C’est la raison pour laquelle j’ai suivi une formation de 7 mois pour être coach professionnel certifié. Aussi, j’ai voulu faire cette formation parce que j’aspire à intervenir plus tard dans les entreprises. Et la certification est nécessaire.

Pour te faire ta propre opinion, multiplie les rencontres. Discute avec des professionnels du métier, demande-leur si le diplôme est un prérequis indispensable, si eux-mêmes ont suivi une formation et laquelle.

Avoir des éléments concrets et externes est essentiel pour faire ton choix. Mais au fond, c’est en suivant ton intuition et ce que tu ressens au fond de toi que tu sauras ce qui est le mieux pour toi.

Etre salarié : les recruteurs français encore bien attachés au diplôme

Il y a quelques semaines, j’ai posé une question au travers d’un post LinkedIn : être recruté dans un job salarié sans avoir le diplôme qui prépare au métier, c’est possible ?

Oui, j’ai lu des témoignages sur le web de personnes qui avaient trouvé un job sans avoir fait les études correspondantes. Mais, je voulais avoir des exemples de mon réseau. Pour être convaincue que c’est possible.

J’ai eu ces exemples ! Des personnes ont témoigné pour me raconter leur histoire ou celle d’un proche. C’est donc possible.

Mais, il y a un mais. Cela reste encore minoritaire.

Les recruteurs français sont encore très attachés au diplôme. Et j’en suis triste !

Le constat que j’ai pu faire à travers ce post est que les entreprises classiques sont encore de la vieille école. Or, il serait temps de faire évoluer les mentalités et les méthodes de recrutement !

Compte tenu de l’évolution de la technologie et des mœurs, nous sommes voués à occuper différents métiers. Ce qui implique d’innover les méthodes d’apprentissage comme c’est d’ailleurs déjà le cas avec les formations en ligne et les moocs en tout genre.

Le diplôme attribué par l’enseignement traditionnel est en train de perdre de sa valeur : enseignements en retard, méthodes désuètes, durée trop longue.

Mais pour autant, il faut composer avec cette rigidité des recruteurs. Dès lors, si tu envisages de rester dans le salariat, tu dois te préparer à devoir repasser par la case études pour pouvoir augmenter tes chances de décrocher un poste !

Petit espoir toutefois si tu souhaites intégrer une start-up : les start-ups sont surtout attentives à la personnalité, à la motivation et aux soft-skills du candidat !

L’entrepreneuriat, le freelancing : une passerelle pour assoir sa légitimité par l’expérience

Si tu n’es pas prête à renoncer à ton projet et que tu refuses de reprendre des études longues classiques, il te reste une option.

Cette option c’est l’entrepreneuriat !

La relation entre client et prestataire de service est beaucoup plus souple que celle d’employeur/salarié !

Le client ne cherche pas à recruter un nouveau membre de son équipe. Ce qu’il veut, c’est trouver un prestataire compétent et en qui il a confiance.

Et pour se décider, le client va se baser sur l’expérience du prestataire (les prestations qu’il a déjà réalisées) et sa personnalité. Le diplôme, il s’en moque !

Aucune de mes clientes ne m’a demandé mon certificat de coach professionnel. Aucun média ou client ne m’a demandé si j’avais un diplôme en marketing digital avant de me confier une mission de copywriting. Et c’est la même chose pour mes collègues entrepreneurs qui se sont reconvertis !

Alors, si tu as le courage et l’envie, pourquoi ne pas cumuler ton emploi actuel ou commencer par l’entrepreneuriat ? Le statut de micro-entrepreneur est l’idéal : peu de charges à payer. Ça te permet de tester ton idée, de te faire la main et d’acquérir de l’expérience.

Le jour où tu seras prête (et que tu en auras encore envie) à rejoindre le monde du salariat, tu pourras te différencier des candidats concurrents en valorisant l’expérience acquise en entrepreneur. Entre le diplôme et l’expérience, c’est sans nul doute l’expérience qui fera la différence pour un recruteur !

En conclusion

Reprendre des études ou pas est une question qui mérite qu’on s’y attarde. Pour faire le meilleur choix, tu dois t’interroger sur les raisons personnelles et externes qui te poussent à vouloir reprendre des études.

Si après analyse, tu décides de reprendre des études, tu dois déterminer la façon la plus simple et la plus rapide d’y arriver : es-tu obligée de retourner sur les bancs de la fac ? Peut-être qu’une formation courte ou à distance peut suffire.

Enfin, ne perds pas de vue que la meilleure façon de te sentir légitime et d’acquérir de l’expérience est d’aller sur le terrain ! Pour ça, tu peux mobiliser tes contacts pour trouver un employeur qui acceptera de te former. Ou alors, l’entrepreneuriat est une solution.

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