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C’était quand la dernière fois que tu as dit non à une demande ? À ton N+1 qui sollicitait un énième service ? À ta meilleure amie qui te proposait de prendre un verre ce soir malgré que tu sois épuisée ?  À une offre de poste ?

NON. Un mot pourtant simple, mais très difficile à dire. Non, je ne peux pas traiter ce dossier pour jeudi. Non, je ne participerai pas à cette réunion. Non, je ne sortirai pas samedi soir. Non, je ne prendrai pas ce poste.

Les femmes sont nombreuses à ne pas oser dire non. Derrière cette difficulté se cachent la peur et le manque d’estime envers soi-même. La peur d’être rejetée, la peur de ne pas ou plus être aimée. Toutes ces peurs renvoient au besoin d’appartenance.

Dans d’autres cas, en refusant de dire non, on cherche le dépassement de soi. Se prouver que l’on peut y arriver, que l’on peut faire plus et mieux pour susciter l’admiration et la reconnaissance d’autrui.

Quelle que soit la raison, dire oui à tout est loin d’être positif. Ne pas savoir dire non, c’est manquer de respect à soi-même et aux autres.

Savoir dire non, une compétence relationnelle

Dans le travail, savoir dire non est une compétence relationnelle. C’est la preuve que tu connais tes limites et que tu sais faire preuve d’affirmation. Aujourd’hui, l’entreprise ne recherche pas de simples petits soldats prêts à exécuter tous les moindres caprices de leurs responsables.

À contrario, les recruteurs recherchent des salariés capables de connaitre leurs limites, d’agir en conséquence et d’être force de proposition. Ils veulent des personnes motivées et engagées. Des personnes dont les comportements sont alignés avec leurs aspirations.

Ne pas savoir dire non est perçu comme un manque de fiabilité. Pourtant, ce n’est pas ce que tu as entendu de ta famille ou des enseignants, n’est-ce pas ?

Dire non n’est pas synonyme d’égoïsme

Au contraire, on t’a appris qu’il fallait toujours être à l’écoute des autres, faire plaisir, être gentille même si c’était au détriment de tes propres besoins et envies. Et encore plus quand on est une fille ! Dire non avait une connotation péjorative. On associait le non à l’égoïsme et à un manque de politesse.

Or, c’est loin d’être le cas ! Et il est désormais temps de s’affranchir de cette croyance limitante et d’enfin apprendre à dire non. Savoir dire non a des bénéfices précieux et indispensables dans ta vie professionnelle. Tu es à l’écoute de tes propres émotions, de tes besoins, de tes valeurs, de tes envies. Tu agis en intégrité.

Aussi, au-delà du simple fait que tu vas sentir les bienfaits psychologiques et physiques, savoir dire non va améliorer tes relations sociales avec ton entourage personnel et professionnel.

Alors, pour t’aider dès maintenant à apprendre à dire non, voici 4 conseils que je t’invite à mettre en pratique dès maintenant !

Conseil n°1 : Dresse la liste de ce à quoi tu sais dire oui ou non et de ce à quoi tu veux dire oui ou non

Avoir des « limites choisies »

Faire cette liste est extrêmement important. Elle va te permettre de déterminer ce que j’appelle tes « limites choisies ». Les limites n’ont rien de négatif. Nous en avons toutes et elles sont indispensables à notre équilibre. Quand tu agis en fonction de tes limites, tu respectes à la fois ton interlocuteur, mais surtout toi-même.

Comme l’explique Tal Ben Shahar auteur de Choisir sa vie, décider d’être servile est la pire des solutions. Il faut choisir de choisir. Dans un contexte sans issue comme un travail qui ne te plait pas, il faut arrêter de penser que tu n’as pas le choix.

Il faut arrêter de penser que tu ne peux pas dire non à un CDI. Que tu ne peux pas dire non à cette vie professionnelle qui ne te correspond pas ou plus et qui te rend malheureuse. Tu dois prendre des risques et sortir de la passivité.

 

L’exercice de la liste

Voici un bon exercice à réaliser. Munis-toi d’un stylo et d’une feuille blanche. En haut de la feuille, appelle le premier tableau « ce à quoi je dis oui et ce à quoi je dis non aujourd’hui ». Puis, dessine 2 colonnes avec à gauche toutes les choses à quoi du dis oui et toutes les choses à quoi tu dis non. Note tes propres expériences à la fois personnelles et professionnelles. Surtout, sois sincère.

Qu’est-ce qu’il s’en dégage ? As-tu tendance à ne pas savoir dire non plutôt dans le cadre professionnel ? À des personnes en particulier ? Si oui, qui sont ces personnes par rapport à toi et quelle relation entretiens-tu avec elles ?

Une fois que tu as terminé, je t’invite à faire la même chose mais cette fois-ci en dessinant un 2e tableau que tu appelleras « ce à quoi je VEUX dire oui et ce à quoi je VEUX dire non demain ».

En faisant cet exercice, tu auras une vue d’ensemble qui te permettra de prendre conscience des limites que tu veux choisir.

Conseil n°2 : Préfère dire « je vais réfléchir et je reviens vers toi »

Avant de dire oui, tu dois te poser une question essentielle : Pourquoi dis-tu oui systématiquement avant même de prendre le temps de réfléchir ?

Répondre à cette question va te permettre d’identifier la raison principale et donc mettre le doigt sur l’origine du problème : le manque d’estime de soi, le besoin d’être acceptée, d’être aimée.

Me concernant, j’étais incapable de dire non dans le cadre professionnel. Je disais toujours oui lorsqu’un collègue de travail, ma responsable ou n’importe qui d’autre venait me demander un service. Je disais oui à tout parce que je souffrais d’une très faible estime de moi-même et du syndrome de l’imposteur (même si ça s’est amélioré, c’est un combat que je continue de mener !).

Je pensais que je devais être pleinement satisfaite et redevable à l’égard de mon entreprise de m’avoir recrutée. C’était donc déjà une chance d’avoir un CDI et un salaire à chaque fin de mois ! Alors, je m’effaçais, je n’écoutais pas mes émotions, mes besoins. Je n’avais aucune limite.

Or, dire toujours oui me mettait dans une situation très incommodante. Une fois que j’avais dit oui, je croyais que je ne pouvais plus revenir en arrière. Je faisais une tâche qui ne me plaisait pas et qui me prenait du temps. Sans compter qu’en disant oui alors que je n’en avais pas envie, je mettais à mal mon corps ! Maux de ventre, tensions aux épaules et j’en passe…

Je regrettais d’avoir dit oui et je ne pouvais être que la seule responsable.

Pour être totalement transparente, encore aujourd’hui je m’efforce de travailler ce point parce qu’il y a encore des situations dans lesquelles je n’ose pas dire non.

Voilà pourquoi toi aussi tu as tout intérêt à ne pas agir sous le coup de l’émotion. À la place du « oui », dis que tu vas réfléchir et que tu t’engages à donner une réponse sous deux jours maximum. Tu aurais ainsi le temps de considérer la demande de ton interlocuteur. Voici une petite liste de questions utiles à ta réflexion :

  • Que crains-tu en disant non, exactement?
  • Quels sont les risques réels, si tu dis non?
  • Qu’est-ce que ça te coûte, si tu dis oui?
  • Qu’est-ce que ça t’apportera si tu dis non?

En répondant à ces questions, tu devrais voir ton anxiété diminuer. En tout cas, ça marche pour moi. Aussi, tu identifieras si tu veux dire non pour des raisons internes qui te sont propres (pas envie, pas en accord avec tes valeurs…) ou bien pour des raisons externes (pas le temps, pas de moyens financiers…).

En procédant de cette façon, tu pourras dire non avec plus de facilité.

 

Conseil n°3 : Fais l’expérience et ose dire non

Dois-tu toujours justifier ton non ? Eh bien non. Et ça, je l’ai appris récemment. En fonction de la relation que tu entretiens avec ton interlocuteur, tu n’as pas à justifier ton refus.

Prenons un exemple. Si tu as souscrit à une offre de prestation, ton statut de cliente te permet de dire non à ton prestataire si celui-ci te propose de reconduire l’offre de service sans avoir à te justifier. Ainsi, si tu n’en as pas envie, ne dépense pas ton énergie à t’expliquer. Exprime simplement et avec politesse et courtoisie que tu refuses de poursuivre la collaboration.

Toutefois, dans d’autres situations et notamment dans le cadre professionnel, tu vas devoir te justifier. Si tu as suivi le conseil n°2, tu dois avoir en tête les points négatifs et positifs d’un « oui » et d’un « non ». Il te suffit d’informer ton interlocuteur des raisons pour lesquelles tu refuses sa demande. Cela peut-être parce que sa demande va à l’encontre de tes valeurs, parce que tu estimes ne pas avoir la compétence, que tu n’as pas le temps ou que tu n’es tout simplement pas intéressée par le sujet.

En exprimant ton refus à ton interlocuteur, tu vas renforcer votre relation de confiance et le respect que ce dernier a envers toi.

Dans le cadre de la reconversion, c’est la même chose. Tu n’as pas envie d’accepter cette promotion ou ce poste ? Tu as envie de te reconvertir pour faire un job qui te correspond et qui te plaît vraiment ? Alors écoute tes envies et tes besoins ! Tu n’as aucune excuse à ne pas dire non !

Voilà une phrase du livre La puissance du non que je trouve très juste :

Faire des choix pour soi c’est prendre en mains sa propre vie plutôt que de réaliser les rêves des autres.

Conseil n°4 : Propose une alternative au non

 

Tu as pesé le pour et le contre et c’est le « non » qui l’emporte non pas parce que tu n’as pas envie, mais pour des raisons externes. Un manque de temps, un manque d’argent, des compétences que tu n’as pas.

Tu as peut-être aussi envie de rendre ce service à cette personne parce que tu l’apprécies et que le simple fait de rendre service te suffit. Dans ce cas, pas de problème !

Il te suffit alors de dire à ton interlocuteur qu’actuellement tu ne peux pas dire oui à sa demande, mais que tu lui proposes à la place de patienter, le temps pour toi de te dégager du temps par exemple.

Conclusion

 

Apprendre à dire non c’est apprendre à se respecter. À respecter ses valeurs, ses besoins, ses envies. Apprendre à dire non c’est aussi apprendre à se faire respecter par son interlocuteur. À identifier les limites que tu as décidé de poser pour ton bien, pour ton équilibre.

Les relations de travail avec un modèle hiérarchique où le petit personnel n’a pas son mot à dire n’ont plus leur place. Aujourd’hui, on parle de collaboration horizontale, de fin du modèle pyramidale, de créativité, de leadership et d’innovation à tous les niveaux.

Tu ne dois pas seulement pouvoir dire non. Tu vas surtout DEVOIR dire non, car savoir dire non est une véritable compétence relationnelle, un soft skill indispensable à la fois pour ton propre bien-être, pour ta productivité et pour de bonnes relations de travail.

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