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Tu connais cette sensation qui s’installe dans ton corps quand tu te sens coupable de quelque chose ? Comme si soudainement un intrus avait posé ses valises dans ta tête et dans ton corps ? Un parasite qui te suit partout et t’empêche d’avancer.

Dans ton esprit, des dizaines de pensées s’entrechoquent :

Est-ce que je fais bien de vouloir quitter mon poste ?

Est-ce que ma décision n’est pas égoïste ?

Plus d’une personne aimerait avoir mon poste…

J’ai une vie confortable, pourquoi je ne suis jamais satisfaite ?

Et mes enfants ? Je ne suis plus toute seule maintenant ?

Ta culpabilité n’est pas là toute seule, non. Elle est souvent accompagnée de ses acolytes la honte et le sentiment de ne pas être légitime. La honte de ne pas être satisfaite du confort d’avoir un CDI. Le sentiment de ne pas être légitime à vouloir plus. À vouloir un job qui t’apportera plus que le confort matériel et financier de ton CDI.

Je sais ce que c’est puisque j’ai moi aussi longtemps culpabilisé ! La culpabilité a d’ailleurs été le blocage principal qui a fait que j’ai mis plus d’un an à sauter le pas et quitter mon ancien job de juriste. Un an c’est long ! Tu imagines toute la place que prenait la culpabilité ? Elle avait complètement pris le contrôle de mon cerveau !

Qu’est-ce que la culpabilité ?

 

Tu la connais certainement sous l’angle juridique. Si tu enfreins la loi, tu es coupable. Mais ici, c’est la culpabilité morale qui nous intéresse. Cette notion de morale qui renvoie au bien-être social est nettement plus difficile à appréhender.

Dans son ouvrage Au diable la culpabilité, l’auteur explique que la culpabilité morale est l’intériorisation de certaines règles, d’un certain sens de la justice. Le sentiment de culpabilité sert de réflexe de bonne conduite et renvoie à la notion de faute commise en fonction des règles morales propres à chacun.

La première chose à faire est donc de te demander quelles sont tes propres règles morales ?

D’une personne à une autre, la culpabilité va prendre diverses formes, diverses ampleurs. Cela va dépendre de sa sensibilité d’origine, de son émotivité, de sa capacité à se remettre en questions, de son niveau d’estime personnelle et de son manque de confiance en soi. Des critères qui sont intrinsèques à chaque individu.

Puis, d’autres éléments externes vont entrer en jeu comme la culture, l’environnement familial, scolaire et social dans lequel l’on a grandi.

Alors comment ne pas accentuer son sentiment de culpabilité dans un tel contexte ?

En reprenant simplement le contrôle de sa vie. En refusant de se victimiser. Et en refusant d’abandonner ses envies et ses objectifs et en agissant en conséquence pour prendre la responsabilité de sa vie, de ses décisions.

3 étapes permettent de se libérer de ce sentiment de culpabilité.

Voyons sans plus attendre la première étape.

Etape 1 : Déterminer le pourquoi tu culpabilises ?

Les raisons externes

 

L’environnement dans lequel tu as grandi a contribué à nourrir ce sentiment de culpabilité. Quelles sont les phrases que tu avais pour habitude d’entendre dans ta famille, lors des repas de famille à propos du travail ?

L’environnement familial

« Le travail ce n’est pas fait pour s’amuser, c’est juste un moyen de gagner de l’argent pour vivre » ou bien « Si tu décroches un CDI, tu peux déjà t’estimer chanceuse ».

En fonction du rapport que tes parents entretiennent avec le travail, tu as développé des croyances limitantes plus ou moins fortes et qui font qu’aujourd’hui tu culpabilises d’avoir envie de quitter le confort que t’offre ton CDI.

Sauf que le travail ne se limite pas à la dimension financière. D’autres paramètres entrent en ligne de compte comme le sens, l’intérêt des missions, les valeurs. Et si aujourd’hui tu as envie de quitter ton job, c’est que ces autres paramètres sont tout aussi importants pour toi que l’aspect financier, n’est-ce pas ?

L’environnement sociétal et scolaire

Aussi, nous vivons dans une société qui prône un modèle de réussite sociale unique dont les critères sont basés essentiellement sur le salaire et le statut social. Pour preuve, lorsque tu entends une personne dire «Elle a réussi sa vie », ce que l’on imagine en premier lieu c’est : elle a un super poste, elle gagne bien sa vie, elle a une vie de couple ou de famille.

Peu de personnes vont associer la réussite au simple fait de faire quelque chose que l’on aime. Au fait d’’agir en intégrité avec qui l’on est. Au fait d’être tout simplement heureux.

Et l’éducation scolaire n’a fait que confirmer cette tendance. L’objectif recherché est de trouver un domaine dans lequel les élèves seront assez bons pour travailler, trouver un poste et gagner un salaire pour subvenir à leurs besoins !

Qu’en as-tu déduit ? Est-ce que ton environnement a joué un rôle dans la culpabilité que tu ressens aujourd’hui ?

 

Les raisons personnelles

 

Me concernant, ce fut précisément ces raisons intrinsèques qui ont fait que j’ai eu beaucoup de mal à prendre une décision.

Le calcul est très simple. La confiance en soi est le fait de croire que l’on adoptera le comportement le plus approprié dans une situation donnée. Ainsi, si tu as peur de ne pas y arriver ou si tu doutes de ta capacité à prendre une bonne décision, à rebondir en cas de coup dur, alors tu vas avoir une tendance à culpabiliser.

De même, si tu souffres d’une faible estime de toi-même, tu considéreras que tu ne mérites pas plus que ce job en CDI que tu as. Que tu ne mérites pas d’avoir le package : un job qui te plaît, un salaire qui te convient et un bon équilibre de vie.

Si tu es dans ce cas, je t’invite à télécharger mon guide pour réussir sa reconversion quand on n’a pas confiance en soi.

Enfin, es-tu quelqu’un de sensible ? Réceptive aux émotions des autres ? L’avis de tes proches va-t-il avoir un poids important dans ta décision ?

Si tu es dans ce cas, alors tu risques d’être submergée par une vague d’émotions qui va accentuer ton sentiment de culpabilité.

Mais, rassure-toi, tu peux t’en libérer ! Prendre conscience des raisons qui font que tu culpabilises est la première étape pour avancer. Le diagnostic, posé, tu dois passer à l’étape 2.

Etape n°2 : Agir en accord avec ses envies et adopter de nouvelles habitudes bénéfiques

 

Maintenant que tu as identifié les différentes raisons qui font que tu culpabilises de vouloir quitter le confort de ton CDI, tu dois adopter de nouvelles habitudes ou actions pour te libérer de la culpabilité qui te paralyse.

 

Une action

 

Prenons un exemple : Tu as pris conscience que la culpabilité que tu ressens provient du fait que tu es influencée par les tendances pessimistes du marché de l’emploi. Est-ce que tu vas laisser une tendance t’empêcher d’avancer vers ton objectif ?

Non, il ne le faut pas. Alors, pour ne pas te laisser envahir par tes croyances, pourquoi ne pas prendre contact avec des personnes ayant quitté leur CDI pour se reconvertir dans un autre job plus épanouissant ?

Le fait d’échanger avec ces personnes te permettra de réaliser qu’il est possible d’y arriver. Et que ton envie de quitter ton job ne te fais pas de toi une femme égoïste.

 

Une habitude

 

Aussi, essaie de mettre en place une petite habitude pour arrêter d’être focus sur les aspects négatifs de quitter le confort de ton CDI. À la place, pense à toutes les choses positives que tu vas pouvoir faire et vivre en osant enfin quitter ton job et en te reconvertissant dans une nouvelle activité ? Trouver un métier qui a du sens, un métier où tu te sens utile. Un métier qui t’apporte un bon équilibre de vie. Un métier qui te donne envie de te lever le matin !

Par exemple, dès que tu as une pensée négative/paralysante qui vient nourrir ta culpabilité, efforce-toi à la saboter et à la remplacer par une pensée plus objective et positive comme :

C’est ma vie. Je n’ai pas envie de me retrouver à 80 ans sur mon lit de mort à regretter de ne pas avoir réalisé ce que je voulais parce que je culpabilisais d’avoir envie de changer de job !

Comme l’explique Darren Hardy dans L’effet cumulé, il s’agit de se questionner pour trouver la motivation profonde pour adopter de nouvelles petites habitudes. Et pour cela, il te suffit de revenir à l’essentiel et à te questionner sur le « Pourquoi » tu veux quitter ton job ? (Je te renvoie ici à la lecture de Trouver son pourquoi de Simon Sinek).

Le changement de vie effraie et c’est normal. Mais il est aussi très excitant. Le changement a du bon. Il permet de repousser ses limites, d’en apprendre un peu plus sur soi, de prendre confiance en soi.

Etape 3 : Faire preuve d’affirmation de soi auprès des autres

Ton envie de plaquer le confort de ton job va inévitablement faire jaser ton entourage. Que ce soit ton père, ton conjoint, tes amis, ton frère, ta collègue de boulot, ils auront tous leur mot à dire.

Et dans une majorité des cas, tu risques de recevoir des remarques critiques et alarmistes. C’est pourquoi, il est important que tu fasses la distinction entre les peurs et les croyances qui appartiennent aux autres et celles qui t’appartiennent.

Seule toi es légitime à décider de la vie que tu souhaites mener. Tes valeurs et tes besoins ne seront pas les mêmes que ton entourage et c’est normal. Tu dois donc être préparée et affirmer tes positions pour ne pas risquer de te faire influencer.

Ton père remet chaque dimanche le sujet sur le tapis ? Affirme tes positions et fais-lui savoir que tu comprends ses inquiétudes, mais que ta décision est prise.

Conclusion

 

Culpabiliser de vouloir quitter le confort de son CDI est sain jusqu’à une certaine mesure. Ce sentiment est raisonnable à partir du moment où il permet de te faire réfléchir, d’analyser tes envies, tes décisions et tes actes par rapport à ta morale.

Mais dès l’instant où il t’empêche de te mettre en mouvement, tu dois réagir. Le temps est ce que tu as de plus précieux. Si tu le passes à culpabiliser et à stagner au lieu de faire preuve de courage et d’affirmation en agissant conformément à tes valeurs, tes aspirations et tes objectifs, tu ne pourras pas le rattraper.

Tu risques alors de te retrouver 5 ans, 10 ans plus tard avec des regrets.

Pour arrêter de culpabiliser tu peux d’abord prendre conscience du »pourquoi » tu culpabilises. Ensuite, tu dois agir et adopter de nouvelles habitudes/actions bénéfiques et enfin tu dois t’affirmer auprès des autres.

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