Temps de lecture: 8 minutes

En février 2019, je lançais Wit Potentielles, un site web dédié aux femmes qui souhaitent se reconvertir professionnellement.

Ça y’est, j’étais officiellement micro-entrepreneur. Mais avant de mettre mon site en ligne et de trouver ma place dans le monde de l’accompagnement à la reconversion professionnelle, j’ai abattu un travail colossal.

J’ai débuté par un travail de réflexion et de construction.  De l’étude du marché, de mon offre, de mon positionnement, en passant par l’élaboration de ma stratégie marketing digital et de ma communication, il a fallu mettre toutes les chances de mon côté pour réussir le lancement de mon activité.

Ce travail m’a pris 6 mois. Et c’est important de le dire.

Sur le web, je vois beaucoup de coachs pour aider d’autres bébés entrepreneurs. Sur leur vitrine, ils vantent leur réussite en seulement 3 ou 6 mois.

Leur promesse ?

Vendre du rêve en garantissant que tu peux vivre de ton activité entrepreneure en seulement quelques mois.

Mais, ils ne disent pas toute la vérité. Ils ne sont pas totalement transparents. Alors, je tiens à en finir avec ce mythe.

Non, on ne vit pas en seulement 3 petits mois de son business. Et ce qui va être décisif dans la réussite du lancement de son activité, c’est tout le travail en amont de réflexion et de construction.

C’est important que tu le saches si toi aussi tu veux te lancer dans l’aventure entrepreneure ! Vivre de son activité c’est possible, mais il faut agir de manière méthodique, stratégique et être patient et conscient qu’il faut du temps.

Aujourd’hui, cela fait donc 1 an que j’ai commencé à travailler sur mon activité entrepreneure. Et pour l’occasion, je souhaite te livrer les 10 leçons que j’ai apprises de mon aventure !

Leçon 1 : Laisser de côté les questions administratives

En devenant entrepreneur, des questions juridiques et administratives s’imposent. Quel statut juridique est le plus adapté à ma situation ? Dois-je solliciter un prêt bancaire ? Établir un business plan ? Rejoindre un cabinet d’expertise comptable ? Ouvrir un compte bancaire professionnel ?

Stop !

Si tu souhaites proposer un service comme tes compétences en RH, en marketing digital, en graphisme ou autre, ne t’embête pas avec toutes ces questions. Tu vas perdre du temps, de l’argent et de l’énergie alors même que tu ne sais pas encore si ton activité va marcher.

Aujourd’hui, démarrer son activité freelance/entrepreneure n’a jamais été aussi facile. Tu peux te lancer à moindre coût !

Pourquoi solliciter un prêt bancaire ? Pour avoir un local, un cabinet où tu recevras ta clientèle ? Mais est-ce vraiment utile à ce stade ?

Non. Tu peux travailler de chez toi ou rejoindre un espace de coworking.

C’est la même chose pour le cabinet comptable. Pour lancer ton activité, des logiciels de comptabilité et de facturation gratuits sont très bien pour commencer. Pour ma part, j’utilise Tiime AE et j’en suis satisfaite !

Concernant le statut de micro-entrepreneur, les démarches sont simples et rapides. En quelques clics, tu es officiellement déclarée. Le statut offre des avantages très intéressants pour commencer : l’ACRE (Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise) qui  permet de bénéficier d’une exonération de charges sociales les trois premières années de ton activité. Pour en savoir plus, consulte le portail autoentrepreneur.

Enfin, tu peux trouver de l’aide et des conseils gratuits un peu partout : sur les réseaux sociaux en rejoignant des groupes Facebook dédiés aux entrepreneurs, en te rendant à des organismes d’aide régionaux et locaux comme la Maison de l’emploi ou encore en t’inscrivant dans une association.

Leçon 2 : Faire une étude des besoins de ta cible

 

Pour construire des offres de service qui vendent, il faut connaitre les besoins de ta cible. Ce qui implique d’abord de déterminer ta clientèle cible.

À qui veux-tu parler ? À qui veux-tu proposer tes services ?

Certains entrepreneurs suggèrent d’établir un portrait-robot de son client idéal. Un avatar. C’est ce que j’ai fait en m’inspirant des conseils de Stan Leloup de Makerting Mania.

Pour d’autres,  dresser un portrait de son avatar théorique ne sert à rien. Hanna Grochocinkka, copywriter, n’avait pas d’avatar et ça ne l’a pas empêchée de lancer et de faire décoller son activité ! Ce qui fait sa différence est sa personnalité et ses valeurs.

Son conseil est très juste : pour proposer une offre de prestation qui vende, il faut échanger en réel pour définir les besoins de sa cible (qu’elle soit ultra définie ou non).

C’est ce que j’ai fait.

Pour construire mon offre d’accompagnement, je devais m’assurer qu’elle réponde aux besoins de ma cible. Pour cela, j’ai endossé la casquette de l’investigateur.

J’ai construit un questionnaire que j’ai diffusé sur les réseaux sociaux. J’ai également échangé par téléphone avec des dizaines de femmes pour comprendre quels étaient leurs blocages, leurs besoins, leurs aspirations.

Tout ce travail de fond m’a permis d’affiner mon offre pour qu’elle réponde vraiment aux besoins de ma clientèle cible.

Ainsi, toutes les occasions sont bonnes pour poser des questions et discuter avec les gens qui t’entourent. Tu trouveras dans leurs réponses de précieuses informations !

Leçon 3 : Établir un plan d’action à 3 mois et un objectif hebdomadaire

Pour avancer efficacement et ne pas s’éparpiller, il faut penser stratégie et objectif. Si tu n’as pas d’objectif, tu es perdue et tu risques de partir dans tous les sens.

Un objectif à 3 mois me semble être un bon compromis. Plus loin, c’est compliqué et surtout ça te semble inatteignable.

Pour te mettre en mouvement, tu dois fixer un objectif à 3 mois suffisamment motivant et ambitieux tout en étant pas trop difficile à atteindre.  Pour ne pas perdre pied, limite-toi à un seul objectif au trimestre. Pas deux ou trois !

Ensuite, il faut définir les actions à réaliser pour parvenir à ton objectif. Et les prioriser.

Enfin, par rapport aux actions qui vont te permettre d’atteindre ton objectif à 3 mois, tu dois établir un objectif par semaine. Cet objectif va également te permettre de définir et d’orienter tes actions dans la semaine pour avancer efficacement !

Leçon 4 : Etre au clair avec sa motivation profonde

 

Pourquoi te lances-tu dans l’entrepreneuriat ? Pourquoi proposes-tu ce type de service ?

C’est une question indispensable à se poser. Si tu ne le fais pas, tu risques de perdre ta motivation et de ne plus savoir pourquoi est-ce que tu en es là.

Se lancer dans l’entrepreneuriat demande beaucoup d’énergie. C’est un flot d’émotions qui s’apparente à des montagnes russes. Alors, si tu n’es pas au clair avec ta motivation profonde, celle pour laquelle tu as décidé de lancer ton activité, tu risques de baisser les bras et d’abandonner.

Ma motivation profonde est la suivante : pour moi, le travail contribue à l’épanouissement. La vie professionnelle est tout aussi importante que le reste. Et je crois fermement que les femmes peuvent choisir et vivre une vie professionnelle qui leur ressemble et qui les épanouit.

Je veux les aider en les accompagnants personnellement à mieux se connaitre, à découvrir leurs potentiels et à révéler leur singularité pour construire un projet professionnel qui leur correspond et qui s’adapte à leur projet de vie.

Pour connaitre sa motivation profonde, il faut prendre le temps de bien se connaitre. Connaitre ses valeurs, ses besoins, mais aussi ses limites.

Leçon 5 : Trouver un mentor ou un partenaire moral

Etre solo-preneur, c’est l’avantage de faire ce que l’on veut et quand on le veut. Mais, l’un des inconvénients c’est de perdre son assiduité et sa motivation.

Le doute fait partie du quotidien des entrepreneurs. Il est sain, mais dans une certaine mesure. Quand le doute prend une place trop importante, alors on tombe dans une spirale négative !

Pour éviter cela, tu dois trouver un mentor ou un partenaire moral. Un mentor peut-être une personne qui a vécu ce que tu vis et qui en est là où tu aimerais être. Un mentor va t’apporter son expérience et les clés pour avancer efficacement.

Tout comme le partenaire moral, il est là pour t’écouter, t’épauler, te soutenir et te motiver en cas de coups de mous. C’est une personne auprès de qui tu t’engages à rendre des comptes quotidiennement. Tu as une sorte de contrat moral ce qui t’évite de baisser les bras !

Leçon 6 : Ne pas se comparer aux autres, mais à soi-même

 

Il m’a fallu  bien 4 mois avant d’intégrer cette leçon ! Comme beaucoup d’autres entrepreneurs, je suis tombée dans le piège de me comparer aux entrepreneurs de mon secteur d’activité qui ont réussi.

Je passais trop de temps à scruter leur site web et à baver sur leur réussite ! J’avais l’impression que mes « concurrents » avaient toujours un coup d’avance sur moi.

Oui, c’est certain qu’ils avaient un coup d’avance sur moi puisqu’ils s’étaient lancés avant moi !

De plus, comment pouvais-je me comparer objectivement à eux alors que je ne connaissais pas leur parcours de vie, leurs points forts et leurs points faibles ?

Se comparer aux autres n’apporte rien de bon. Au contraire, ça ne fait qu’accentuer la déprime.

La seule personne à qui tu dois te comparer c’est toi-même. Pour cela, repense à la personne que tu étais il y a 1 an, 6 mois et 3 mois. Regarde le chemin que tu as parcouru. Et sois indulgente et bienveillante à ton égard !

Leçon 7 : Etre conscient que tout ne sera pas tout rose

Cassons le mythe de l’entrepreneur qui est libre, heureux et qui voyage aux 4 coins du monde ! Se lancer dans l’entrepreneuriat suppose de faire des sacrifices. C’est loin d’être un long fleuve tranquille.

Financièrement, on doit faire des concessions. Aussi, on mobilise beaucoup d’énergie en temps et en travail sans avoir de résultats visibles rapidement. Il faut en être conscient dès le départ.

En somme, tout ceci rend les moments de joie et de victoire exceptionnels ! La victoire aussi petite soit elle est une bouffée d’oxygène et un véritable boost !

 

Leçon 8 : Etre curieux

 

La curiosité est l’une des qualités essentielles à avoir quand on se lance dans l’entrepreneuriat. Il faut savoir être alerte et regarder ce qu’il se fait ailleurs sans tomber dans le fameux piège de se comparer aux concurrents.

En analysant la concurrence, tu as des informations et des pistes pour voir ce qui fonctionne ou non et pour développer des idées.

Etre curieux, c’est aussi faire une veille régulière sur son domaine d’activité, mais pas que. Il faut continuer à s’informer au-delà de son propre écosystème pour anticiper et innover dans son domaine.

Enfin, être curieux, c’est se former continuellement. Lire, apprendre de nouvelles choses pour faire évoluer ses prestations !

Leçon 9 : Définir sa singularité et ses moyens de communication

Pour te distinguer de la concurrence, tu dois réfléchir à l’axe que tu vas adopter. Est-ce que tu veux te différencier par ton moyen de communication ? Au lieu de faire un blog, tu préfères faire un podcast, une chaine Youtube ?

Est-ce que tu veux miser sur tes valeurs et ta personnalité pour faire la différence ?

Plus tu restes authentique et fidèle à ce que tu es, plus tu attireras des personnes qui te ressemblent et plus ton business décollera.

 

Leçon 10 : Construire un réseau de qualité

 

Je termine par le réseau. C’est la dernière leçon que j’ai apprise. Jusqu’à maintenant, je fuyais tout ce qui s’apparentait au réseautage. Je ne suis pas allée à des afterworks.  Je ne sais pas maintenir le lien avec les membres de mon réseau.

Or, je suis certaine que je suis passée à côté de rencontres intéressantes sur le plan humain et professionnel parce que je n’ai pas pris le temps de construire un réseau de qualité.

Pour aller plus loin sur ce point, à lire : Comment construire un réseau professionnel de qualité quand on n’aime pas ça.

En conclusion

Le bilan du lancement de mon activité entrepreneur est globalement positif parce que j’ai appliqué la majorité de ces 10 leçons.

Avec ces 10 leçons, tu as les clés en main pour te lancer dans l’entrepreneuriat dans de bonnes conditions !

Et si tu allais plus loin dès maintenant ? Inscris-toi à ma newsletter et reçois chaque mardi matin mon dernier article avec un exercice d’auto-coaching pour t’aider à te mettre en mouvement et une problématique décortiquée qui s’inspire de ma propre expérience de la reconversion ou de celle d’une autre femme : hop, je m’inscris !

Facebook Comments